‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 139 sur 173 · Ministre de la guerre, (M · texte numérisé non relu

Ministre de la guerre, (M

3. Premier commis des finances. (M). — « A peine l'abbé Terray fut-il installé, qu'il rappela le sieur Cromot, ce pre-

264 Clairambault-AIaurepas,

Il propose à l'enfant De venir voir du sien les fastes, l'opulence ; Il doit presque tout, il est vrai, Mais c'est grâce à l'abbé Terray

Qui règle sa finance.

Mon cousin, dit La Marche,

Cet abbé s'en rira;

Je combine une marche

Qui nous enrichira.

Quand de surintendant j'exercerai la place, L'ami Cromot nous fournira Autant d'argent qu'il nous plaira,

Car rien ne l'embarrasse.

Le chancelier s'avance

Avec son Parlement ;

D'un petit air d'aisance

Il veut baiser l'enfant;

Joseph lui dit : Monsieur, vous êtes fort aimable.

Souple, caressant, intrigant,

Fin, faux, fourbe, traître, méchant;

Mais sortez de l'étable.

Le Parlement de France Voulait, ce nonobstant,

mier commis des finances remercié par M. d'Invau et devenu l'objet de l'indignation générale, par son luxe insolent et les déprédations effroyables dont on l'accusait. » {Mémoires sur l'abbé Terray.)

Année iyy2. 265

Faire sa révérence Et même un compliment.

Maupeou, lui dit : Amis, venez- vous mettre à table,

Il faut rire de tout ceci;

Le Brun * viendra tantôt ici Rendre Joseph traitable.

Dans ce réduit rustique

Où Jésus était né,

D'un air sombre et cynique

Parut le grand abbé ; L'abbé, le contrôleur de toutes nos finances, Dit : Je n'ai rien à prendre là ; Sortons, peut-être qu'il faudra

Donner quelque ordonnance.

Joseph lui dit : Grand prêtre,

Soyez le bienvenu.

Vous voyez notre maître,

Il est presque tout nu.

Que me demandez-vous, répondit le Lévite, J'ai besoin de tout mon argent ; Il m'en faut pour le comte Jean^

Et pour toute sa suite.

J'ai pour me mettre au large Mon centième denier,

1. Confident et secrétaire du chancelier, dont il a été le précepteur. (M.)

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