‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 14 sur 173 · PLACET A M. DE MARIGNY · texte numérisé non relu

PLACET A M. DE MARIGNY

Protecteur des beaux-arts et de leur gloire antique \ Daignez êti-e le mien dans ce triste moment. Je vois tomber ma sœur dans le débordement,

Et pour lors adieu la boutique.

Sa réputation, dont le vernis est beau,

1. Les noëls ci-dessus sont formés, comme la plupart de ceux que nous avons déjà publiés, de séries de couplets composés isolément. Nous avons pu les reconstituer à peu près intégralement, sans élaguer les répétitions, et les classer dans l'ordre le plus naturel à l'aide des divers textes fournis par les recueils manuscrits.

2. Le marquis de Marigny était depuis 175 1 directeur général et ordonnateur des bâtiments royaux.

3. «Voici des vers que M. l'abbé de Voisenon a faits pour son ami Caillau; ils sont d'une plaisanterie rare et d'un ridicule à perpétuer. La pièce est adressée à M. de Marigny : on y demande une place pour la sœur de ce comédien, marchande obligée de quitter sa demeure sur un pont, dans le temps de l'inondation.

Interduinqtie bonus donnital Homerns ! » 'Mémoires de Bachaumont).

Année i j6^. 2i

Est tout près d'aller à vau-l'eau.

Je ne puis soutenir cette cruelle idée,

Et son mari deviendra fou

De voir sa femme débordée, Ne pouvant garantir son plus petit bijou. Vous pouvez la sauver de ce danger terrible. Trouvez-lui quelque coin dans le palais des Rois. Nous consentirions même à monter sur les toits Pour publier le trait de votre ûme sensible. Le sentiment augmentera ma voix ;

Mes accents seront des offrandes,

Et j'obtiendrai des dieux que sous vos lois

Vous ayez en détail tout le corps des marchandes.

LA NOUVELLE HELOISEï

Le triste amant de Julie, Bel esprit et beau diseur, Suivant la règle établie.

Etait un mauvais f.....

I. Julie oji la Nouvelle Héloise, de J.-J. Rousseau, dont la première édition avait paru à Amsterdam (i77(f, 6 vol. in-12) et que l'on réimprima à Paris en 1761 (7 vol. in-12), fut l'objet de critiques très vives. « Vous trouverez, écrivait Grimm, dans la Nouvelle Héloïse, l'amour du paradoxe avec le fiel et le chagrin dont son auteur est obsédé. Tout le monde peut s'apercevoir de l'absurdité de la fable, du

22 Clairambault-Alaurepas.

Une ennuyeuse éloquence Règne dans tous ses propos ; Les femmes aiment en France Plus d'etfets et moins de mots.

Amour, au siècle oià nous sommes, En dépit des tendres lois, Faut-il lire dans six tomes Qu'on n'a f..... que deux fois?

Si ces modes étrangères Prévalent sur tes leçons, C'est tant mieux pour les libraires, Mais c'est tant pis pour les c...

Vous y fûtes attrapées, Belles dames de Clarans, Si Saint-Preux vous a trompées, Il n'est plus de sûrs garants.

Il avait, comme on renomme, Taille, voix, barbe au menton, Au coup d'œil, c'était un homme, A l'épreuve un avorton.

Votre glacé Moscovite N'efface pas son rival,

défaut de plan et de la pauvreté de l'exécution qui rendent ce roman, malgré l'emphase de son style, un ouvrage très plat. » {Correspondance Ut ter aire.)

Année 1^64. 23

C'est, malgré tout son mérite, Tomber de fièvre en chaud mal.

Du moins Saint-Preux, par adresse, Causait quelque douce erreur; Mais l'autre est tout d'une pièce, Sans art, comme sans chaleur.

Le seul trait qui peint notre âge C'est lorsque le bon Wolmar, Assuré du cocuage.

Prend la chose en bonne part.

Du trait de ces belles âmes Profitez, jeunes époux;

Et quand nous b vos femmes,

Ne soyez jamais jaloux.

De ce charmant Elysée Ne vante plus les douceurs; La morale tempérée Y germe parmi les fleurs.

C'est en vain qu'on y raisonne; Apprenez, couple imparfait, Qu'on dogmatise en Sorbonne ♦

Et qu'on f... dans un bosquet.

Viens, suis-moi, charmante Flore, Dans ce bosquet enchanté;

24 C lairambault- Maurepas.

Jouissons-y dès l'aurore Des vrais biens de la santé :

Il est couvert de ténèbres, Nous le remplirons de feux; Les beaux esprits sont célèbres, Les f seuls sont heureux.

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