MADAME DE POMPADOUR
Ci-GiT d'Étiolé et Pompadour, Qui charmait la ville et la cour; Femme infidèle et maîtresse accomplie, L'Hymen et l'Amour n'ont pas tort-,
1. M'"" de Pompadour mourut à Versailles dans les petits appartements du Roi, le 15 avril 1764, et fut inhumée le lendemain à Paris, dans l'église des Capucines de la place Vendôme, où elle avait acquis de la famille de La Trémouille un caveau dans lequel reposaient déjà sa mère et sa fille Alexandrine.
2, « On doit bien s'attendre que le tombeau de M""= ci. Pompadour sera un objet d'hommag^es et de satires, L'épitaphe suivante remplit l'un et l'autre objet : on la feini
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Le premier de pleurer sa vie, Le second de pleurer sa mort.
Pleurez, Grâces, pleurez, Amours, Sur le tombeau de Pompadour; Elle meurt et laisse la France Entre la crainte et l'espérance.
Ci-gît qui fut vingt ans pucelle.
Quinze ans catin, et sept ans m ^
Ci-gît la fille d'un laquais, Qui vint à bout, par ses attraits, D'être marquise et pas duchesse.
A cette âme noire et traîtresse Louis remit aveuglément Les rênes du gouvernement.
On en murmura hautement;
écrite au bas de son buste ; à côté sont l'Hymen et l'Amour en larmes, avec leurs flambeaux renversés. » {Mémoires de Bachaumont.)
I. On a fait sur M'"* de Pompadour une épitaphe bien différente de la première ; elle est simple et contient l'historique de sa vie. Elle a été mariée à vingt ans et est morte dans la quarante-troisième année de son âge. (M.)
26 Clair ambault- AI au repas.
Mais un sot qui se préoccupe Ne change pas facilement : Ce Roi crut être son amant Et ne fut jamais que sa dupe*.
COMMANDEiMENTS DU DIEU DU GOUT2
Au Dieu du goût immoleras Tous les écrits de Pompignan.
Chaque jour tu déchireras
Trois feuillets de l'abbé Le Blanc.
De Montesquieu ne médiras, Ni de Voltaire, aucunement.
1. On composa encore ce distique latin, qui rappelait le jeu de mots du célèbre quatrain de Maurepas :
Hic Plscis regitta jacet, qute lilia sticctt
Pernimis, an mirum si fioribus occuhat alhis.
2. « On répand depuis quelques jours une plaisanterie assez plate, elle a pour titre : Dialogue du dieu du goût. On la peut juger d'un partisan du sieur Palissot.» [Mémoires de Bachautnont.)
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L'ami des sots point ne seras, De fait ni de consentement.
La Dunciade ^ tu liras, Tous les matins dévotement.
Marrnontel le soir tu prendras, Afin de dormir longuement.
Diderot tu n'achèteras,
Si ne veux perdre ton argent.
Dorât en tous lieux honniras, Et Colardeau pareillement.
Le Mierre aussi tu siffleras, A tout le moins une fois l'an.
L'ami Fréron n'applaudiras, Qu'à X Ecossaise seulement".
1. \.-2i Dunciade ou la guerre des sois, poème satirique de Palissot, en trois chants (1764, in-8), que Voltaire qualifia de petite drôlerie.