‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 23 sur 173 · MADEMOISELLE CLAIRON · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE CLAIRON

Cette actrice immortelle enchaîne tous les cœurs: Ses grâces, ses talents, lui gagnent les suffrages Du critique sévère et des vrais connaisseurs :

Et de nos jours, bien des auteurs Lui doivent le succès qui suivit leurs ouvrages.

Sans modèle au théâtre ^ et sans rivale à craindre, Clairon sait, tour à tour, attendrir, effrayer,

1. Claire Legris de Latude, connue sous le nom de M'^« Clairon, célèbre actrice, avait débuté en 1743 par le rôle de Phèdre au Théâtre-Français, où elle n'avait pas tardé à occuper le premier rang. Au mois d'avril 1765, à la suite du différend survenu entre les comédiens français et le sieur Dubois, l'un d'entre eux, elle refusa de jouer dans le Siège de Calais, et fut enfermée au For-l'Evêque. Comme elle exigeait, pour remonter sur la scè©e, une réparation qui ne lui fut point accordée, elle renonça définitivement au théâtre en avril 1766.

2. « Tout le monde court après la nouvelle estampe de M"'' Clairon ; elle est gravée d'après le tableau de M. Vanloo par MM. Cars et Beauvarlet, graveurs du Roi. On sait qu'elle est représentée en Médêe. On a saisi dans le v*^ acte de cette tragédie l'instant où Médée vient de

42 Clairamb ault-Alaurepas.

Sublime dans un art qu'elle semble créer;

On pourra l'imiter, mais qui pourra l'atteindre ?

J'ai prédit que Clairon illustrerait la scène, Et mon esprit n'a point été déçu:

Elle a couronné Melpomène,

Melpomène lui rend ce qu'elle en a reçu *.

Sur l'inimitable Clairon On va frapper, dit-on.

Un médaillon *;

poignarder ses enfants et s'enfuit dans son char en les montrant à Jmon. La gravure de la planche a été payée par le Roi, ainsi que la bordure du tableau. Quant au tableau, M'"« la princesse de Galitzin en a fait présent à M"*' Clairon. M, Nougaret a fait ces vers pour être mis au bas du portrait. » [Mém. de Bachaumont^

1. Vers de Garrick qui devaient être gravés sur un médaillon représentant M"* Clairon avec les attributs de la tragédie.

2. « L'on a fait frapper ces jours-ci un médaillon pour M"* Clairon. M. de Sainte-Foix, qui n'a point goûté ce monument élevé à la gloire de l'actrice, vient de tempérer le plaisir qu'elle en ressent par une mauvaise et méchante épigramme qu'il a répandue dans le public. C'est par vengeance et par quelques démêlés d'auteurs à comédiens qu'il l'a fait.

« Avant de venir à Paris, M"* Clairon avait joué la comédie à Rouen, où l'on a dit qu'elle avait poussé la débauche si loin qu'on lui donnait dans cette ville le sobriquet de Frétillon, et l'on y imprima un petit roman de sa vie sous ce titre. » {Journal hist. de Collé)

Année lyôS. 43

Mais quelque éclat qui l'environne, Si beau qu'il soit, si précieux.

Il ne sera jamais aussi cher à nos yeux

Que l'est aujourd'hui sa personne.

De la fameuse Frétillon A bon marché se vend le médaillon :

Mais à quelque prix qu'on le donne, Fût-ce pour douze sous, fût-ce même pour un, On ne pourra jamais le rendre aussi commun

Que le fut jadis sa personne.

Quoi ! mille francs pour ma v...., Disait Dubois ^ à son frater !

Frétillon, pour beaucoup moins cher.

I. « Le comédien Dubois, maltraité par l'amour, et plus encore maltraité par son chirurgien, se prend de querelle avec ce dernier au sujet de son payement. Procès. Dubois, après avoir dit qu'il lui avait donné des acomptes, outre deux feuillettes de vin, demande à être reçu à faire serment qu'il ne lui doit rien... Les comédiens* ont porté leurs plaintes à leurs supérieurs contre Dubois et leur ont demandé la permission de le juger et de le chasser de leur troupe, s'ils le trouvaient coupable. Les gentilshommes de la Chambre leur ont donné cette permission, et par le vœu unanime Dubois a été chassé de leur compagnie. » [Journal h î st. de Collé.)

44 Clair amb au 1 1- M au repas.

A fait cent tours de casserole.

Eh donc ! répliqua le Keiser ^, Sandis ! c'est un exemple unique, La belle alors de tout Paris Était la meilleure pratique, J'aurais dû la traiter gratis, C'était l'espoir de ma boutique.

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