Il y eut quatre principaux libelles de Sorbonne, ap
Année ijôS. 121
La mémoire tu béniras
Du bienheureux Jacques Clément *.
La bulle humblement recevras L'ayant rejetée hautement; Les décrets que griffonneras Seront siffles publiquement -.
Les jésuites remplaceras Et les passeras mêmement :
A la fin, comme eux, tu seras Chassée très vraisemblablement'.
pelés Décrets, qui méritaient le dernier supplice. Le plus violent est du 17 rnars 1590. On y déclare excommunié et damné le grand Henri IV, ainsi que tous ses fidèles sujets. (M.)
1. Le moine Jacques Clément, étudiant, en Sorbonne, ne voulut entreprendre son saint parricide que lorsque soixante-douze docteurs eurent déclaré unanimement le trône vacant et les sujets déliés du serment de fidélité, le 7 janvier 1589. (M.)
2. On sait que la Sorbonne appela de la bulle Unigenitus au futur concile, en 17 18, et la reçut ensuite comme règle de foi. (M.)
3. C'est ce qui vient d'arriver, et ce qui désormais arrivera toujours. (M.)
122 Clairamhault-Maurepas.
LA MISSION DU PRÉSIDENT OGIERi
Pour les fanges de la Vilaine Quitter les trésors de la Seine, Cher Ogier, quel aveuglement !
Tu veux passer bien saintement La rigoureuse quarantaine, Reçois mes adieux : Carnaval Est trop bien ici pour te suivre
I, Le duc d'Aiguillon avait résolu de faire enregistrer par édit un règlement inique qui devait avoir pour résultat de détruire totalement les anciennes constitutions de la Bretagne, et d'ériger en loi tous les abus d'autorité et toutes les violences qu'il avait commis. Choiseul, inquiet de l'ambition du commandant et désireux de mettre un terme aux troubles provoqués par lui, décida le Roi à convoquer à Saint-Brieuc une assemblée extraordinaire des états qui délibérerait librement sur le règlement projeté. « Il proposa de charger de cette commission le président Ogier, personnellement agréable à Sa Majesté dont elle aimait l'esprit de douceur et de conciliation, en qui elle avait une confiance particulière. D'ailleurs homme de loi très instruit des formes et qui, dépouillé de tout l'appareil militaire du commandant, n'aurait que l'air d'un pacificateur. Louis XV se rendit, ou plutôt se laissa entraîner et lé commissaire fut nommé... Les Bretons avaient trop à cœur de faire succéder le calme à l'orage, dès que le président Ogier paraîtrait. Jamais plus de concert ne régna dans les assemblées ; jamais plus d'union entre les ordres... Le président fut obligé de faire l'éloge des Bretons à la cour. » ( Vie privée de Louis XV ^
Année lyôS, 123
Dans un pays où tout va mal, Où pas un homme ne s'enivre, Nulle femme n'y songe au bal.
Longtemps j'en ai fait mes délices, Mais depuis un lustre je vois Qu'on ne parle à ces bons Gaulois Que de dragons et de supplices ; Que, pour les réduire aux abois, De par le plus juste des Rois, On a fait cent mille injustices Et violé quarante lois.
Malheureux ! la cour les abhorre Et les hait : c'est le bon ton.
Que vas-tu faire en ce canton ?
Tu brûles d'être utile encore A notre bien-aimé Bourbon ; Tu veux que son peuple breton Plus que jamais l'aime et l'adore Et ne tremble plus à son nom.
Quoi donc ! oserais-tu lui dire Qu'en dépit de leurs ennemis Les Bretons sont les plus soumis, Les plus zélés de son empire ?
Je te crois un peu trop prudent :
Dans ce pays, cher président, Répands de nouvelles alarmes :
Prends ce qui lui reste d'argent, Laisse-lui ses fers et ses larmes.
124 Clairamhault-Maurepas.
O vous que le plus grand et le meilleur des Rois^ Pour finir nos malheurs honora de son choix, Des faveurs de Louis sage dépositaire, Vous, notre illustre appui, notre ange tutélaire, O généreux Ogier ! en quittant ces climats Quel flatteur souvenir ne nous laissez-vous pas ? Ah ! qu'avec juste titre à votre bienfaisance Le plus doux sentiment de la reconnaissance Conserve pour jamais un temple en tous les cœurs. De nos mains, en partant, daignez prendre ces fleurs. Nous vous les présentons au nom de Flore même ; Et mettant en vous seul sa confiance extrême, Flore aux cris des Bretons ose mêler ses cris Et vous dit avec eux, en bénissant Louis : Achevez, sage Ogier, de calmer nos alarmes; Du bonheur sur ces bords assurez le retour : Portez aux pieds du Roi nos soupirs et nos larmes. Et portez-y surtout nos respects, notre amour.
î. « Quoique les vers suivants ne soient pas merveilleux, on ne peut se refuser de les insérer ici comme historiques et ne se trouvant imprimés nulle part. Ils ont été présentés à M. le président Ogier par les jeunes jardiniers qui sont venus à son passage par Rennes, avec des corbeilles de fleurs, vêtus galamment. » [Mém. de Bachaumont.)
Année Ij68. 125