‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 86 sur 173 · CONSEILS A MADAME DU BARRY · texte numérisé non relu

CONSEILS A MADAME DU BARRY

DÉESSE des plaisirs, tendre ra^re des Grâces, Pourquoi veux-tu mêler aux fêtes de Paphos

Les noirs soupçons, les honteuses disgrâces ? Ah ! pourquoi méditer la perte d'un héros !

I, Au sujet de sa division avec M. le duc de Choiseul. (M.) — « Leduc de Choiseul jouissant de la confiance du Roi, de l'autorité, de la considération qu'elle donne, avait vu avec inquiétude l'arrivée de M'"® du Barry. Le Roi, qui lui parlait de tout, ne lui dit pas un mot de cette nouvelle maîtresse, qui, dans les commencements, se tenait cachée. Par hauteur, ou bien plutôt par timidité, le duc, au lieu de représenter à son maître le tort qu'il pouvait'faire à sa réputation, et peut-être à sa santé, en s'attachant à un tel objet, laissa cette passion germer et parut mépriser les intrigues qui tendaient à faire présenter M"'^ du Barry, à la rendre maîtresse en titre ; démarche qui tendait plus à sa ruine personnelle qu'à l'agrandissement de cette femme. Il se refusa à toutes les tentatives qu'elle fit pour se rallier

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Ulysse est cher à la patrie * ;

Il est l'appui d'Agamemnon.

Sa politique active et son vaste génie Enchaînent la valeur de la fière Ilion.

Soumets les dieux à ton empire :

Vénus sur tous les cœurs règne par la beauté;

Cueille, dans un riant délire,

Les roses de la volupté ;

Mais à nos vœux daigne sourire Et rends le calme à Neptune agité.

Ulysse, ce mortel aux Troyens formidable,

Que tu poursuis dans ton courroux,

Pour la beauté n'est redoutable

Qu'en soupirant à ses genoux.

à lui... Lorsque le Roi mit le comble à sa honte en faisant présenter M"** du Barry, les femmes, qui ont toujours eu trop de pouvoir sur M. de Choiseul, prirent le dessus, les propos et l'indignation furent poussés à l'excès, et le Roi vit braver sa nouvelle maîtresse jusque dans sa cour et sous ses yeux, par le parti du ministre. Une telle conduite ne pouvait manquer de produire la disgrâce de M. de Choiseul. » {Mém. du baron de Besenval.)

I. « On voit qu'on a voulu parler de M. le duc de Choiseul sous le nom d'Ulysse. Il me semble que ces vers n'ont déplu à personne ; malgré cela, l'auteur n'a pas jugé à propos de se faire connaître. » (Cor^^j^. ^<f Grimm.) Barbier dit qu'ils sont de M. de Lantier, mais la plupart de» témoignages contemporains les attribuent à Boufflers.

Année l'jyo. 171

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