‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 104 sur 192 · MADAME DE BOUFFLERS · texte numérisé non relu

MADAME DE BOUFFLERS

Quaxd Boufflers parut à la cour, On crut voir la mère d'Amour 2, Chacun s'empressait à lui plaire Et chacun l'avait à son tour.

Mais l'amour n'est plus dans ses bras, Luxembourg reste seul, hélas !

i. « Mlle de Villeroy, que l'on désigne petite-fille du maréchal de ce nom pour la distinguer, était fille du duc de Villeroy qui avait mené une vie si obscure que je doute qu'il soit jamais fait mention de son existence dans la généalogie de cette famille. MUe de Villeroy épousa en première noces le duc de Boufflers, et en secondes noces le maréchal de Luxembourg. On ne peut mieux en donner une idée qu'en rapportant la chanson de M. de Tressan qui la peint trait pour trait. » (Mém. du baron de Besenval.)

2. « Du côté de la figure, M me de Boufflers était une des femmes les plus accomplies qui eussent jamais paru ; son esprit était agréable et plein de grâces. Mais tous ces avantages étaient ternis par une inégalité, une humeur,

Assez sot pour être fidèle Au peu qu'elle a d'appas.

En vain son frère Villeroy, Pour elle prit le noble emploi, Auprès de notre jeune Roi, De gagner son cœur et sa foi.

Un esprit trop mêlé d'humeur, Catin outrée ou précieuse, Le mensonge et la noirceur Enfin l'ont rendue odieuse ; Et pour comble d'horreur, Son état nous fait mal au cœur.

Quand Boufflers parut à la cour, On crut voir la mère d'Amour, Chacun s'empressait à lui plaire Et chacun l'avait à son tour.

qui la conduisaient à faire à chaque instant des scènes embarrassantes dans l'instant où l'on devait le moins s'y attendre, et le plus souvent sans aucun objet. D'ailleurs sa méchanceté et sa noirceur la rendaient aussi dangereuse dans le commerce de la vie que son humeur était fâcheuse dans la société. Un libertinage outré dans tous les genres, auquel elle se livra, détruisit promptement ses charmes sans changer ses goûts, et répandit sur l'extérieur de sa personne des traces que M. de Tressan rappelle si durement dans les derniers vers de sa chanson.

224 Clair ambault- Maure-pas.

De notre Roi, Pour tenter la triste jeunesse

De notre Roi, Boufflers consulta Villeroy, Mais il n'eut l'esprit ni l'adresse De faire une catin maîtresse,

De notre Roi.

LES

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