‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 125 sur 192 · REQUÊTE A M. HERAULT · texte numérisé non relu

REQUÊTE A M. HERAULT

Juge éclairé, qui par ta vigilance Des filles de Vénus troubles les plus beaux jours, En ma faveur laisse agir ta clémence : Lorsque tout rit, pleurerai-je toujours?

L'exil où tu m'as condamnée

Me paraît d'autant plus cruel

Que j'apprends par la renommée

Que la ville ouvre son hôtel A plus d'une Laïs, qui par son train de vie,

Digne d'un plus grand châtiment,

Devrait à Sainte-Pélagie

Occuper mon appartement.

Sur moi jette un regard propice,

Tire-moi de ces tristes lieux,

Souvent on corrige le vice

En pardonnant aux vicieux ;

Mais quand même il serait possible

Que l'on me revît à Cypris,

Quand je serais incorrigible, Qu'est-ce qu'une catin de plus dans un Paris ?

I. Présentée par la Poupart, cabaretière, que le lieutenant de police avait fait enfermer à Sainte-Pélagie, au moment des fêtes données par la ville de Paris. (M.)

Année ijjq. 259

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