‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 146 sur 192 · SIÈGE DE CARTHAGÈNE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE CARTHAGÈNE

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Sincère et véritable De la grande expédition,

A jamais mémorable, Qui fera l'admiration, La faridondaine, la faridondon, De tous les siècles à venir, biribi.

300 Clair ambault- Maurepas.

Vernon ', suivi de cent vaisseaux

Sur la liquide plaine, Fend orgueilleusement les flots

Volant vers Carthagène 2.

Il a fait braquer son canon, Dont l'effet a bien réussi.

Il encourage ses soldats, Par l'espoir du pillage;

Non, nous ne perdrons point nos pas, Voici notre héritage ;

Nous pillerons les galions,

Car tout le trésor est ici.

D'abord le fort Bocachica,

Est tombé sous ses armes ;

1. Edward Vernon, célèbre marin anglais (1684 — 1757), venait de se signaler par la prise de Porto-Bello dont il s'était emparé avec six vaisseaux seulement, lorsqu'il entreprit le siège de Carthagène.

2. « On se flattait à Londres de s'emparer incessamment de toute l'Amérique espagnole ; on crut que rien ne résisterait à l'amiral Vernon, et lorsqu'il alla mettre le siège devant Carthagène et qu'il se fut emparé du fort de Bocachica, une des principales défenses de la ville, on se hâta d'en célébrer la prise, on fit frapper une médaille représentant ce fort, avec la légende : II a pris Carthagène, au revers, on voyait le général, et on lisait ces mots: An vengeur de la patrie (le 5 avril I741)- Et précisément alors l'amiral, au bout de trois mois de travaux, était obligé de lever le siège et de se retirer, après avoir perdu plus de la moitié de ses troupes. » ( Vie privée de Louis XV.)

Année ijJ.i. 301

Oh ! le plaisant siège à caca,

Dit-il à ses gens d'armes.

Oh! par ma foi nous le tenons; Dans deux jours tout sera fini.

Il dépêche aussitôt sur l'eau

Une petite barque, Où le grand capitaine Law

Très promptement s'embarque ; Il vient à notre nation En criant : Carthagène est pris !

En faveur d'un si grand succès,

Dans la ville de Londre, On voit tous les braves Anglais

En grands transports se fondre ; Ils ont fait tirer leurs canons, Les vitres s'en sont ressenties.

Cependant l'Espagnol vaillant,

Commandant dans la ville, Veut à son tour être assaillant,

Et sort avec deux mille; Qui, braves comme des lions, Ont reçu l'Anglais en ami.

Le grand Vernon qu'épouvanta

Telle déconfiture, Dit : Amis, tenons-nous-en là,

La poire n'est pas mûre.

ri. 2.6

3<02 Clairambault-Maurepas.

En hiver nous y reviendrons, Il fait, ma foi, trop chaud ici.

Ensuite braquant ses vaisseaux,

Par un trait magnifique, Il refend de nouveau les eaux,

Droit à la Jamaïque, Criant par acclamation :

Vivat des tories le parti !

La taridondaine, la faridondon, Dans tous les siècles à venir, biribi.

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