CONSEILS A MADAME DE MAILLY
A quoi penses-tu donc, Mailly ? Ton cœur sensible, A l'aspect d'une fleur prévoit l'instant terrible Où le fatal ciseau tranchera tes beaux jours : Mais les astres aussi verront finir leur cours; De ce vaste univers l'immense architecture Sera réduite en poudre, et toute la nature Subira comme toi le sort de cette fleur.
i. A propos d'une fleur qui meurt douze heures après qu'elle est éclose. (M.)
Année Ij4l. 305
Ah ! consacre du moins le temps de ta faveur, Chasse du gouvernail ce nocher imbécile : Il faut pour nous guider une main plus habile, Comme une autre Sorel1, fais entendre à ton Roi Que seul dans ses Etats il doit donner la loi. Charles se réveilla sous cette fille illustre, Et la France à sa voix reprit son premier lustre; Dès qu'Amour eut parlé le monarque français Rentra dans ses foyers et terrassa l'Anglais. C'est ce même ennemi dont l'éternelle envie Veut imposer encore un joug à la patrie. Pour animer Louis que de justes sujets ! Amour conduis son cœur, assure ses projets. Déjà du fier Vernon la flotte désolée Promène sa fureur de contrée en contrée, Et ce héros des mers, après de vains efforts, Échoue à Carthagène 2, et se sauve en ses ports.