SUR LE DIXIÈME
Ça, Piarrot, buvons chopaine Et marmottons un tantait, De ce que l'on nomme dixiaime Et pourquoi qu'on l'a refait ; Je gage, morguié, je gage Que ça ne durera pas, Et que c'est un badinage Pour voir ce qu'on en diras.
I. « Le Roi, pour subvenir aux dépenses considérables qu'il est obligé de faire, tant pour ses troupes de terre que pour ses flottes, a imposé le dixième sur tous les biens du, royaume produisant un revenu, par une déclaration du 29 août, pour commencer au Ier octobre prochain, et il y a un article particulier pour faire contribuer à cette taxe arbitrairement les commerçants et ceux qui font profiter leur argent. » {Journ. de Barbier.) L'impôt du dixième était remis en vigueur, en 1741, dans des conditions très défavorables. « Le royaume, écrivait en effet le marquis d'Argenson, est plus pauvre aujourd'hui qu'en 1709, quand M. Desmarets imposa le dixième. Ce ministre sensé se garda bien de l'imposer à toute rigueur dans ces temps désastreux ; il se contenta de tirer dix millions de ce qui en eût valu trente à un homme moins habile... On ne cherche que les gens les plus durs pour les placer comme directeurs de dixième dans les provinces. On prétend tirer cinquante millions de ce dixième, tandis que celui de 1734-1735 na produit que trente millions. »
Année ijj.i. 305
Quoi donc, Colin, tu gobarge, Ne vois-tu pas nos guerriers, Qui se pressons de faire marge Pour ramasser des lauriers ; Il faut qu'on les entretaine Dans un cas si dangereux, Si l'on veut qu'ils ne s'enviaine Au royaume ténébreux.
Colin, ma foi, tu gazouille, Tout comme un prédicateux, Mais tu n'entends pas bredouille Sur un fait si cauteleux.
De l'Empire en décadence Nous avons fixé le choix, Et le Honni soit mal y pense Du Romain suivra les lois.
Après tout ça, crois-tu core Qu'on aille s'entregorger ; Il faudrait être pécore.
Pour moi, je n'y puis penser.
Va, va, c'est une guandoise Trinquons, buvons à gogo, Je payerons à la toise Ce que nous aurons de trop.
?û6 Cl airambaul t-Maurepas.
EPIGRAMMES DIVERSES