Gabriel de Elar, professeur en théologie au collège
^8 Clairambault-Maurcpas.
Et, par les transports extatiques, S'unissant aux cœurs angéliques, Goûtent sans y penser à mal Un vrai plaisir de cardinal.
Vers ces autels toujours guidées, Leurs mœurs, leurs autels, leurs écrits, Tout nous répond de leurs idées , Même un auteur * des plus hardis , Fécond en systèmes étranges, Dit que les hommes et les anges S'uniront dans le paradis.
Et pourtant mon nom dans la gloire
royal de la compagnie à Salamanque, a fait un volume in-folio en 1632, intitulé : Empireologia seu philosophia christiana de l'Empireo calo, qu'on peut traduire : Relation curieuse du paradis et de ses habitants. (M.)
i.Louis-Henrique, jésuite, dans son livre intitulé: Occupation des saints dans le ciel, assure qu'il y aura un souverain bien à embrasser les anges qui auront des corps d'une beauté inconcevable, que les anges et les bienheureux se baigneront à la vue des uns des autres, qu'ils nageront comme des poissons, que les anges s'habilleront quelquefois en femmes; il ne dit pas pourtant qu'ils en auront le sexe, car il les tient masculins ; ils paraîtront aux saints avec les cheveux frisés, des jupes, des vertugadins, du beau linge, etc.. Voilà le paradis des jésuites. Le père Le Moine, dans son Histoire des femmes fortes, dit sur l'histoire de la belle Hongroise, que combattant avec son mari à la brèche d'une ville assiégée, percés de coups tous les deux et prêts à rendre les derniers soupirs, ils s'embrassèrent et s'unirent charnellement pour se donner le dernier adieu, et rendirent lame dans cet état; sur quoi le père Le Moine ajoute : Il est notoire que Dieu qui est l'auteur des chastes unions les reçut ainsi dans son paradis et les tient ainsi couronnés de même gloire.» (M.)
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Comme Mahomet l'a fait croire Nous démontre sans contredit L'éternité de Plantevit.
Salomon, des rois le plus sage1, De ce nom approuva l'usage Dans son Cantique si vanté; Jamais homme n'a tant planté.
Tout ce qu'on lit dans l'Ecriture Revient toujours à la nature.
Se peut-il sans émotion, Sans que l'humanité frémisse, Lire bref jugeant au supplice Par totale amputation La plante dont je tiens le nom.
Jamais pour action pareille Pape ne prit le glaive en main.
Pierre ne coupa qu'une oreille, Jésus-Christ la remit soudain.
N'est-ce point l'erreur d'Origène Qui se soumit à tel affront Ayant abusé de l'antienne Beati qui castraverunt , Usage abhorré sur la terre Et que défend notre Saint-Père, A tous fors à son chambellan Qui remplit ses chœurs de musique
I. Les jésuites ont fait plusieurs ouvrages sur le Cantique des cantiques de Salomon, pleins d'expressions et d'images lubriques ; il ne faut que lire celui qui a pour titre \.Les saintes flammes de l'époux a l'épouse. (M.)
co C lairamb ault-Maurepas.
D'ennuques à voix angéliques 1 Pour les plaisirs du Vatican.
Se peut-il qu'un pape si sage Que notre Saint-Père Clément Du baptême et du mariage Tranche le premier instrument.
Qu'il nie une grâce efficace, Nous y soumettons nos esprits, Mais peut-il croire qu'on lui passe Un bref qui met à la besace Nos plus gros curés de Paris !
Vous qui d'une plante si rare Etes inquisiteurs bénins, Par qui nul ne prend la tiare Sans les deux témoins masculins2, Vous qui, connaissant l'importance Du défaut de cette puissance, Pour éclaircir le cas douteux Sur la plante pontificale, Portez sans crime et sans scandale Et vos doigts sacrés et vos yeux, Grands cardinaux, je vous atteste
1. L'usage des castrations est commune et tolérée k Rome pour avoir de belles voix ; les pères et les mères y font impunément couper leurs petits enfants pour les mettre pages delà musique du pape, et dans celles des églises ou des princes d'Italie. (M.)
2. On consacre à Rome une chaise de pierre percée au siège comme une chaise de commodité ; c'est là où l'on fait asseoir le pape et où l'on dit que les cardinaux examinent sa virilité avant de l'installer. (M.)
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Protecteurs nés des Plantevit,
Révoquez la bulle funeste
Que fit Clément sans vos avis,
Bulle inique, bulle profane,
Produite proprio motu,
Qui, dans l'Eglise gallicane,
N'aura ni force ni vertu.
A ces causes, vu l'injustice
De cette bulle subreptice
Qui désole l'homme dévot
Et la vigne de Sabahot,
Par révérence j'en appelle
Au Saint-Père mieux informé,
Me tenant toujours renfermé
Au bercail de l'agneau fidèle ;
Mais, pour me rendre encor plus sûr,
Au prochain concile futur
Et à l'Eglise universelle,
Où se trouvera, s'il lui plaît,
Pour président le Paraclet,
En colombe et en feu visible,
Afin qu'il ne soit plus loisible
De douter un moment du fait.
Depuis cet antique miracle
Qu'il opéra dans le cénacle,
A Rome, on ne le voit encor
Tomber du ciel qu'en lames d'or,
Ainsi que le dieu de la fable.
Qu'il y tombe en pluie de feu,
Dût-il mettre la ville en cendres,
C lairambaul t-Maurepas.
Et la peau délicate et tendre Du jeune cardinal neveu.
Si tel je le voyais descendre , Je m'y rendrais avec respect, Faute de quoi tiendrai suspect Ecole, synode ou concile Et tout jugement inhabile, Mondit appel interjetant, Jusqucs au dernier jugement.
Que tous évêques imbéciles, Tous curés, prêtres ou prélats Soumettent leurs esprits faciles A la bulle Je vois hélas.
Ils ne fléchiront mon audace Et ne m'en estime vaincu ; Un brave Français qui fait face Vaut cent Romains montrant le c.
Je tiendrai donc pour ridicule Et proteste de nullité, Me munissant de la cédule De nos lettres Apostolos.
Que, si quelque moine crédule Vient nous menacer de fagots, Prions qu'il soit dans sa cellule Fouetté jusqu'à Vilulos.
Protestons en outre au fidèle Qu'en cette pieuse querelle, Que le pape émut contre moi, Sans rien avancer qui combatte Les droits de la sainte écarlate
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Ni la substance de la foi, J'v défends le nom que je porte Contre cette noire cohorte, Qui voudrait encor m'arracher Ce qui me reste de plus cher, Couper un membre de l'Eglise Contre la défense précise D'y faire aucun acte sanglant, Qu'en mariage seulement.
C'est le seul point que je conteste, Et me soumets dans tout le reste A ce que le pape prescrit, Sans vouloir même en être instruit.
Formulaire, bulle, symbole, Je croirai tout, sur sa parole, S'il veut me laisser Plantevit.
Mais que du moins il se souvienne Qu'à saint Pierre a dit le Sauveur :
Remets ton couteau dans la gaine.
Ma plante ne doit rien au saint inquisiteur, Malgré Bible, canons, conciles, anathème, J'ai vécu Plantevit et je mourrai de même.
<r j. Clair amb ault-Maur ep as.