‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 2 sur 192 · Pour l'affaire de Sainte-Barbe, Cf. tome V, p · texte numérisé non relu

Pour l'affaire de Sainte-Barbe, Cf. tome V, p

3. « Lettre de cachet qui exile le supérieur des Trente- Trois. Les Sulpiciens s'emparent de cette communauté, la seule école de Paris qui fût encore saine pour la théologie. Les écoliers se retirent ; l'on change les administrateurs. M. Hérault est du nombre de ceux qu'on leur substitue. » (Abrégé chronol., 7 nov. 1731.)

Clairambault-Maurepas.

Le beau projet, le rare exploit !

Tu tiens une tombe investie1; Pour un robin le digne emploi.

Le beau projet, le rare exploit !

Tremble, malheureux, que sur toi Le saint ne fasse une sortie.

On rit des informations

Qu'à la Bastille tu fis faire

Sur le fait des convulsions 2.

On rit des informations !

Tous les témoins sont des fripons,

Le juge est un fourbe, un faussaire.

On rit des informations

Qu'à la Bastille tu fis faire.

i. Le tombeau du diacre Paris fut longtemps gardé par les archers, et l'on posta dans l'église Saint-Médard des exempts chargés d'arrêter tous ceux qui auraient des convulsions.

2. « Quant aux personnes qui avaient des convulsions, on les a mises à la Bastille ; plusieurs ont avoué qu'elles se donnaient ces convulsions quand elles voulaient, et plusieurs aussi se sont dédites publiquement. M. Chirac et M. de La Peyronnie ont examiné avec plusieurs autres médecine et chirurgiens ces convulsionnaires, et ont donné leurs certificats constatant qu'ils éprouvaient ces convulsions à volonté ; ce qui s'est passé à ce sujet a fait dire aux jansénistes modérés qu'on devrait punir ces sortes de gens pour s'être moqués de la religion : ils sont tous sortis de la Bastille sans qu'on leur ait infligé d'autres punitions. » (Mém. de M au repas.)

Année i j32.

MARECHALE DE VILLARS

Si Villars avait les attraits De cette tante tant aimable, Je dirais : Ne quittez jamais,

Sa chaîne est adorable.

Mais pour un vieux visage usé, Un esprit plein de rabâchage, Quel radotage !

L'abbé, en vérité, Vous avez bien de la bonté1.

i. Marais nous fournit des renseignements précis sur l'origine et les auteurs de cette chanson : « Le premier couplet a été fait chez la maréchale d'Estrées, où étaient M",e de Gontaut, sa nièce, le ministre [d'Angervilliers] et l'abbé [de Vauréal] qui, après une partie de quadrille, voulut aller souper chez la maréchale de Villars ; on voulut l'en détourner, il persista et en dit du bien tant qu'on lui répondit : L' abbé en vérité, vous avez bien de la bonté. ce qui donna occasion de faire ce couplet, et en le mettant dans le monde on a eu la malice de marquer deux vers comme faits par le ministre lui-même. Le second couplet a été fait chez Mme de Gontaut, qui l'avoue et en décharge Roy, que l'on accusait d'en être l'auteur. » La chanson tomba entre les mains de la maréchale, qui voulut avoir un éclaircissement avec Mme de Gontaut, et cela fit « une des belles tracassej-ies qu'on eût encore vues ». (Corresp. avec Boithier.)

Clairambault-Maurep as.

Nul esprit, pas même un bon cœur, Sans beauté ni jeunesse,

Jalouse jusqu'à la fureur, Et fausse sans finesse;

Souple et basse avec vanité,

Envieuse, avare et volage, Quel assemblage !

Grands dieux ! en vérité,

De l'aimer serait-on tenté?

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