RECONCILIATION
ROUSSEAU AVEC SES ENNEMIS l
Oui, pour mourir dans ma patrie, Je chante la palinodie.
Vous à qui j'ai porté les traits les plus sanglants
Par des portraits trop vrais, mais ressemblants, Avec vous désormais je me réconcilie :
Guébriant, qui la connaissait sujette à des emportements, courut chez elle, et le suisse lui refusant la porte, il entra de force, vola à l'appartement et la trouva couchée, dormant d'une dose d'opium capable de la tuer ; il la fit secourir, lui sauva la vie, et, ne pouvant s'attacher à elle malgré cette preuve d'amour, elle s'en consola avec plusieurs autres. »
I. Vers la fin de l'année 1736, au moment même où Voltaire quittait la France, il fut question du retour de Rousseau, et c'est à cette occasion que l'on fit courir cette satire à laquelle il n'avait aucune part, mais qui n'était guère faite pour le réconcilier avec ses ennemis.
156 C lairamb aul l- AI aurepas.
Venez, Chrysologue1 et Midas2, Venez, grands officiers et goujats du Parnasse, Approchez que je vous embrasse.
Mais j'oubliais le poète Autereau :!, Lui dont la misère et la crasse Sans le secours de son pinceau D'un gueux au naturel sont un parfait tableau. Pardon, ami, je croyais ta carcasse Depuis longtemps gisant au monument, Ou, pour parler plus poétiquement, Je te croyais reclus dans le sombre Tartare Avec le feu petit abbé de Pons, Maître La Faye et le glacé Pindare 4.
O créateur des mondes ;;, Dieu vous gare ! Je suis charmé de vous revoir ici.
Ma foi, je vous croyais aussi Bien et dûment cloué reposant à Clamare6. Quel est donc le fumeur 7 qui s'offre à mes regards ? Il paraît à ses yeux hagards Ne respirer que le meurtre et l'inceste ; Vraiment, je le remets, c'est l'auteur de Thycste Qui nous promet Catilina