‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 8 sur 192 · LE PRESIDENT PORTAIL · texte numérisé non relu

LE PRESIDENT PORTAIL

Le plus célèbre monument

Que nous ayons dans notre France

Est divisé en un moment,

Et s'en va tout en décadence.

Ce qui parait original,

C'est par la faute du Portail.

i. Sous l'ancien régime, on marquait les forçats d'une fleur de lis à l'épaule.

2. Le président Portail' fut en butte aux railleries des robins pour avoir obéi sans protestation aux ordres de la cour, qui suspendaient les assemblées du Parlement ou exilaient ses membres. C'était, dit une note mms. « un homme lâche et dévoué à la cour. »

Année Ij32. 19

Ce n'est que par le fondement, Que succombe cet édifice. Il était bâti à ciment Pour résister à l'artifice.

Par un renversement fatal, Il est détruit par son Portail.

Jadis ses graves habitants Donnaient des lois à la couronne, Par un funeste changement, Un petit collet leur en donne1.

Ce qui fait sa perte fatale, C'est la faiblesse du Portail.

Ces aînés de tous nos dindons Passent nuit et jour à séduire De la Grand'Chambre les oisons, Afin de les pouvoir conduire Au but du fougueux cardinal, A l'ombre de leur vieux Portail 2.

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