‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 88 sur 192 · BEQUILLE DU PERE BARNABA · texte numérisé non relu

BEQUILLE DU PERE BARNABA

Pour le saint d'aujourd'hui, Ennemi de la bulle, On trouve dans Paris Plus d'uu ami crédule

premiers à rendre justice au talent de Rameau. « Ne vous trompez pas, disait-il en parlant SHippolyte et Aricie vivement critiqué par ses confrères, il y a plus de musique dans cet opéra que dans tous les nôtres, et cet homme que vous voyez là nous éclipsera tous. »

1. Ces vers se rapportent, non comme l'indiquent les recueils manuscrits à l'opéra de Castor et Pollux, dont les paroles étaient de Bernard, secrétaire du maréchal de Coignj^, et la musique de M. Rameau, mais à celui à'Hippolyte et Aricie, représenté le Ier octobre 1733.

2. « Il y avait plus de cinquante ans que l'on chantait parmi le peuple la chanson de la Béquille du Père Barnala, faite à l'occasion d'un capucin qui avait été chez des filles et y avait laissé sa béquille, lorsqu'elle se répandit parmi les gens du monde et devint à la mode. Ce fut vers

Année 77J7. 189

Pensant que la guenille Qui vient de ce saint-là ', Vaut mieux que la béquille Du père Barnaba.

Mais père Barnaba, Par plus d'un beau miracle, Beaucoup mieux mérita D'être sur le pinacle.

Son histoire fourmille De tous ceux qu'opéra L'efficace béquille Du père Barnaba.

le mois d'octobre 1737 qu'un nommé Charpentier, musicien de l'Opéra, en fit connaître l'air, qu'il avait appris d'une chanteuse dans les rues, à qui il paya à boire pour qu'elle la lui chantât. » L'air était joli, le refrain plaisant, la chanson fit fortune. « Elle eut une si grande faveur que les étrennes, les modes, les coiffures, furent pendant trois ans en béquilles. Les pains d'épices, les desserts artificiels des tables, les présents, les frisures, tout fut en béquille du père Barnaba. La fameuse chanson fut écrite sur les assiettes de dessert ; on la chantait à la fin des repas, et les charlatans qui couraient les rues mettaient leurs avis en béquilles. » [Mêm. de Richelieu)

1. Lorsque l'ouvrage de Carré de Montgeron ramena l'attention publique sur le diacre Paris, le bienheureux venait d'opérer encore, au mois de mois de mars 1737) un nouveau miracle en la personne de M1Ic Le Juge, fille d'un correcteur des comptes, dans la paroisse Saint-Paul. Les médecins et les chirurgiens l'avaient laissée à l'agonie ; son confesseur lui fit boire un verre d'eau avec de la te; Te du tombeau du diacre ; une demi-heure après, elle se leva et se trouva guérie. Naturellement, procès-verbal fut dressé de cette cure subite et miraculeuse,

190 C lairambaul t-Maurepas.

Notre monarque enfin Se distingue à Cythère, De son galant destin On ne fait plus mystère.

Mailly dont on babille, La première éprouva, La royale béquille Du père Barnaba.

Notre bon cardinal, Pour donner une place De fermier général.

Est diablement tenace; Mais il en promet mille A quiconque pourra, Lui rendre la béquille Du père Barnaba.

C'est l'évêque du Mans !

Qui vient, de son diocèse, A Paris tous les ans Pour conter des fadaises ; Il connaît une fille Qui mieux que son rabat, Savonne la béquille Du père Barnaba.

Ce n'est plus Barnaba, Qui seul dans cette ville

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