Mmc de Saint-Pierre. (M
Année i~38.
De Prévost la fausse figure Ne peut inspirer rien de bon, Il devient méchant et j'augure Qu'il sera tout comme Biron.
Tracassier comme les Birons, Orgueilleux comme les Gramonts.
Caressant, faux, noir et perfide, Il a tous les goûts de Chausson.
!NPa3Tant pour amis et pour guide Que d'Aven, Tressan, Baufremont.
Avec un teint par trop fardé,
La Trémoille s'adore.
Menteur, escroc, fat, empesé, Croit-il donc qu'on ignore, Qu'en un fossé Enfoncé *, Il pourrait être encore Bien mieux qu'ici placé.
i. A la bataille de Parme, comme il a été dit ci-dessus. « C'était un des plus superbes hommes qu'on pût voir, mais taxé de s'aimer autant qu'une femme, ce qui donna lieu de croire que, tremblant pour sa beauté, il s'était laissé choir volontairement et adroitement dans un fossé, préférant le danger presque inévitable d'être tué ou fait prisonnier, à celui d'être défiguré. » ( Vie privée de Louis XV.)
212 Clair ambault- Maure-pas.
Pour faire un portrait ressemblant
De cet esprit femelle, Disons qu'il a tous les talents Dont s'occupe une belle, Dansant, chantant, Médisant, Et lorgnant à merveille, Mais il n'est pas vaillant.
Bas, fier, impertinent, souple, fin, méchant, traître,
C'est Croissy l, Glorieux, sans esprit, favori de son maître,
C'est Coigny 2, Mais le plus vil de tous et le plus fat peut-être,
C'est Canv 3.
Froids auteurs de méchants couplets, Vrais rimailleurs à camouflets, Enroués comme des grenouilles,
i. Jean-Baptiste Colbert de Torcy, marquis de Croissy, colonel-lieutenant du régiment Royal-Infanterie.
2. Jean-Antoine-François de Franquetot, marquis de Coigny, colonel général des dragons.
3. Louis-Michel de Chamillart, comte de la Suze et marquis de Cany, grand maréchal-des-logis de la maison du Roi.
Année ij3S. 213
Vous croassez de mauvais airs.
On vous tranchera bien les c
Et vos sons en seront plus clairs.
Si l'on savait, beaux chanteurs, qui vous êtes 1, L'on nettoverait vos habits sans vergettes, Mais
Vous n'êtes que des mazettes
Qui ne le direz jamais.
Mes amis, je voudrais bien Vous peindre le comte d'Ayen, Mais je sens ma faiblesse extrême, Il faudrait un meilleur pinceau !
Ah ! cher comte, peignez vous-même, Dieu ! quel effroyable tableau !
D'Ayen, Tressan2, j'ai le remède Pour vous faire changer de ton,
1. C'étaient les ducs d'Ayen, de Lauzun, et de Tressan. Les deux derniers furent exilés. (M.) ■ — L'exil du comte de Tressan fut de courte durée ; il revint prendre son service à la cour au commencement de l'année 1739.
2. Elisabeth de La Vergne, comte de Tressan (1705-17S3), exempt des gardes, avait été, dès lage de treize ans, le
14 Clairambault-M aurepas.
Car le démon qui vous possède Devient muet sous le bâton.