‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 117 sur 121 · PANEGYRIQUE DE NECKER · texte numérisé non relu

PANEGYRIQUE DE NECKER

Généreux étranger dont le vaste génie, Suivant dans ton effort ta noble ambition, Se consacre à l'honneur de servir ma patrie, Je te dois mon respect, mon admiration.

Dans ces temps malheureux, plus d'un ministre en France Abusant des moyens, osa dans ton emploi Bouleverser l'Etat, épuiser la finance ; Mais ces maux, grâce au ciel, sont réparés par toi.

Louis, qui t'appela pour seconder ses vues, Charmé de tes succès, de son choix s'applaudit. Le Français, l'étranger, t'exaltent jusqu'aux nues, L'un t'offre sa fortune, et l'autre son crédit.

I. Ces vers furent adressés à Necker par M. de Ferney, auteur d'un mémoire sur X Utilité, d'un dénombrement général en France et sur la manière de l'exécuter avec succès et sans frais.

258 Clairambault-Maurepas.

On doit à ta conduite un suffrage unanime : Qu'importe le dépit du traitant qui s'en plaint! Déjà des nations tu captives l'estime ; L'Anglais même te loue : il fait plus, il te craint 1.

Si de nouveaux impôts tu t'interdis l'usage Pour braver sur les mers un rival furieux, La glorieuse paix qui sera ton ouvrage 2 Nous rendra tes travaux encor plus précieux.

En ressources fécond, mais toujours équitable, Tu fais revivre l'ordre et la prospérité; Des Sully, des Colbert, émule infatigable, Tu t'élèves comme eux à l'immortalité.

Malgré tous tes succès on aspire à ta place, L'intrigue et la cabale espèrent sans pudeur Entrer dans la carrière, en effacer ta trace, Et cherchent la fortune où tu trouves l'honneur.

Oti'ai-je dit ! Pourrait-on, malgré l'expérience, Admettre encor quelqu'un de ces ambitieux, Dissipateurs légers, ministres vicieux, Qui ne manqueraient pas de ruiner la France !

1. Voyez les discours de lord Riehmond à la Chambre des Pairs. Il y dit à peu près : Ce ne sont pas les armes des Français quil faut craindre ; c'est la sagesse de leur administration actuelle et les ressources inépuisables de leur ministre, M. Xecker. (M.)

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