‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 39 sur 121 · LES PRUDES · texte numérisé non relu

LES PRUDES

Retirez-vous, de grâce,

Thiars, quittez Séran,

Abandonnez la place

A monsieur d'Autichamp :

Il vous est préféré en faveur de son âge, Il ne voit rien et vous parlez, Avec esprit vous racontez,

Mais il fait davantage.

Marigny sans colère

Ecoute son amant ;

Conflans, tenant son verre,

Promet d'être constant, De renoncer enfin à son affreuse ivresse, Au mauvais ton et aux catins, D'être, comme les paladins,

Rempli de sa tendresse.

L'infortunée de Blotte Longtemps s'était flattée; Mais la cour la ballotte,

1. « Nos méchants de société sont dans l'usage de composer à la fin de l'année, sous le nom de Aroc/s, des couplets dans lesquels la médisance ou la malignité s'exercent ix. 6.

66 Clair am b au! t- M au repas.

Saint-Germain est nommé.

De Castries comptait bien entrer au ministère; Des vieux soldats c'était la fin, Et l'armée prenait pour refrain :

Adieu le ministère.

Duchesse incestueuse,

Grummont, tu dois trembler,

Ta haine infructueuse

Ne peut nous accabler.

Je brave le poison : c'est ta seule vengeance; Ton frère n'est qu'un avorton ; Pour nous faire baisser le ton

Il n'a plus de puissance.

Martinville est charmante

Et fera son chemin ;

Si l'amour la contente,

Juge/, de son destin.

Attendant ce moment, Poyanne s'en occupe; Il est aimable, il est galant, Bien retapé et bien payant,

Mais il n'est que sa dupe.

Crenni fait la coquette Et veut encor danser :

sur le compte des femmes et des hommes les plus à la mode. Voici ceux des couplets de l'année qui m'ont paru le moins mal faits. » {Cor resp. secrète de Mc'/ra.). Ces couplets furent attribués au marquis de Louvois.

Année Ijj5. 6j

Sa taille rondelette

Souvent la fait glisser.

Alors le Fénelon la relève en cadence.

Chacun se dit du même ton :

Elle est trop grosse et lui trop rond,

Mais toujours va qui danse.

Bouzonville, à l'entendre,

Renonce à ses amants;

Mais un feu sous la cendre

Se rallume aisément.

Choiseul pour un instant fixa cette coquette ; Il est phraseur sans jugement, Parjure, indiscret, inconstant,

Et voilà sa recette.

Tavanne est bien surprise De son événement :

Au pied du trône assise, Elle fit un enfant.

A sa beauté le Roi rendit un simple hommage; Depuis ce temps, elle est restée Catin, bégueule, hébétée; Voilà son apanage.

Sous les traits de Mégère Reconnaissez Duras; Elle fait la sévère, Mais pourtant ne l'est pas.

Son cœur est un amas de vice et de luxure;

68 C l air amb aul t-Maurepas.

Jamais on ne vit ici-bas Plus de défauts et moins d'appas Qu'en cette créature.

.Chamboran prend l'air sage, Mais ce n'est qu'un semblant; On sait bien qu'à son âge L'on n'est pas sans amant.

Un certain Bermondet, puis un fort joli prince Ont eu l'essai de ses faveurs, Et Séguier sait charmer son cœur Voyageant en province.

Précieuse Jamaïque,

Apprenez à parler ;

Pour être satirique,

Du moins sachez causer; Luxembourg vous dira comment il faut s'y prendre Vous inoculant son esprit, Tâchez de le mettre à profit ;

Il en a à revendre.

BoufHers met du mystère

A cacher son amant ;

Chacun a sa chimère.

Mais on nous dit pourtant Que Ségur a trouvé le moyen de lui plaire, Et qu'en abjurant pour jamais Monsieur de Guine et Beaumarchais,

Son cœur était sincère.

Année iyjS. 69

Julien à sa maîtresse

Un jour parlait ainsi :

Vous êtes une duchesse

Et moi un sans-souci ; Souvent un comédien devient roi sur la scène; Regardez-moi sur ce ton-lii.

La pauvre femme soupira;

Montmorencv fut reine.

EPIGRAMMES DIVERSES

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