LES EDITS DE TURGOT
Enfin j'ons vu les édits
Du roi Louis seize; En les lisant à Paris,
i. Couplets attribués à M. de Lagny, commis des finances. (M.) — Dès le mois d<i janvier i776,Turgot avait
Année i~jG.
J'ons cru mourir d'aise; Nos malheurs ont eu leur fin, Çà chantons le verre en main l
Vive Louis seize, O gué,
Vive Louis seize !
Je n'irons plus aux chemins,
Comme à la galère, Travailler soir et matin
Sans aucun salaire; Le Roi, je ne mentons pas, A mis la corvée à bas :
présenté au Roi un mémoire sur la suppression des corvées et des jurandes. En dépit des critiques adressées par le garde des sceaux à ce projette Roi se rangea à l'opinion du contrôleur général et les édits approuvés par lui furent adressés au Parlement pour être enregistrés. « Personne ne paraissait douter que le jeune monarque n'eût les meilleures intentions du monde : on assurait même qu'il disait naïvement : M. Turgot et moi, sommes les seuls qui désirions le bonheur du peuple ; mais on n'en craignait pas moins que ses successeurs ne vinssent à abuser un jour de tout ce qu'il aurait Cru faire pour le soulagement de ses sujets». {Journal de Hardy.)
i. Hardy rapporte quelques faits qui témoignent de l'enthousiasme provoqué par la publication des nouveaux édits : « On vit, dit-il, entre neuf et dix heures du soir (le 17 mars), des illuminations dans plusieurs quartiers de Paris ; entre autres endroits chez un horloger, rue Galande; rue Saint-Victor, de la part de quelques garçons boulangers ; rue Saint-Nicolas-du-Chardonnet, par des compagnons couvreurs ; sur le quai des Morfondus on lisait en transparent ces mots : Vivent le Roi et la liberté ! '»
.-84 C l a irambault-Maurepas.
Oh ! la bonne affaire
O gué, Oh ! la bonne affaire.
Ou'à son âge notre Roi
Paraît déjà brave; Il veut que chacun chez soi
Xe soit plus esclave; Et que j'ayons tous bientôt Lard et poule en notre pot,
Et du vin en cave, O gué,
Et du vin en cave.
Il ne tient qu'à nous demain,
En toute franchise, D'aller vendre bière et vin,
Tout à notre guise; Chacun peut, de son métier, Vivre aujourd'hui sans payer
Jurés, ni maîtrise, O gué,
Jurés ni maîtrise.
On dit que le Parlement *, Dedans cette affaire,
i. Le Parlement, lésé dans ses intérêts par les réformes Je Turgot, avait adressé des remontrances au Roi au sujet des édits qu'il devait enn -i trer. Il s' était montré le défenseur résolu des corvées et des jurandes. Pour triompher de
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Aux vœux du Roi bienfaisant
Se rendit contraire.
Du peuple pauvre et souffrant, Le père, il se dit pourtant :
Le beau fichu père, O gué,
Le beau fichu père !
Je suis tout émerveillé
De ceci, compère; C'est un double jubilé
Que nous allons faire :
Mais celui que notre Roi Nous donne vaut bien, ma foi,
Celui du Saint-Père, O gué,
Celui du Saint-Père.
son opposition il fallut recouriràun lit de justice 12 mars); ce qui faisait dire à Walpole, justement indigné : « La résistance du Parlement à l'admirable réforme préparée par Turgot et Malesherbes est plus scandaleuse que le plus féroce caprice du despotisme. Ces magistrats, qui s'opposent au bonheur de plusieurs millions d'hommes, ont à moitié absous le chancelier Maupeou de les avoir opprimés. »
86 Clair amb au 1 1- M aurepas.