ET ÉCONOMISTES
Vivent tous nos beaux esprits
Encyclopédistes, Du bonheur français épris,
Grands économistes; Par leurs soins au temps d'Adam Xous reviendrons, c'est leur plan.
Momus les assiste, O gué,
Momus les assiste.
i. « Les économistes étaient des sectaires ardents qui, par l'exagération de leurs projets, avaient su captiver l'esprit enthousiaste du ministre trop confiant. Bientôt les presses furent surchargées de plans d'amélioration qui, sapant les principes les plus respectés en religion, en morale et en politique, tendaient à bouleverser l'État sous prétexte d'y ramener l'âge d'or. Aux innovations qui en furent la suite, et dont on prévoyait les funestes conséquences, les Français opposèrent cette arme du ridicule qu'ils savent si bien manier, et, dans la multitude de chansons faites à cette époque, on doit remarquer surtout celle du chevalier de Lisle, capitaine de dragons, qui, connue plus de seize ans avant les malheurs de la France, imprimée alors dans quelques recueils, a non seulement le mérite de la satire la plus amère contre les plans de M. Turgot, mais encore celui d'être la prédiction la plu? authentique comme la plus détaillée de tout ce que nous avons éprouvé depuis le commencement de la Révolution- * (Paris, Versailles et les provinces au XVIII0 siècle.)
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On verra tous les états
Entre eux se confondre,
Les pauvres sur leurs grabats
Xe plus se morfondre.
Des biens on fera des lots Oui rendront les gens égaux :
Le bel œuf à pondre !
Puis, devenus vertueux
Par philosophie, Les Français auront des dieux
A leur fantaisie.
Oui, nous verrons un oignon A Jésus damer le pion;
Ah ! quelle harmonie !
Ce n'est pas de nos bouquins Que vient leur science :
Eux seuls, ces fiers paladins, Ont la sapience.
Les Colbert et les Sully
Xous paraissent grands, mais fi !
Ce n'est qu'ignorance.
Du même pas marcheront Noblesse et roture :
Les Français retourneront Au droit de nature.
Adieu, Parlements et lois,
Clairamba.nl t-Maurepas.
Les princes, les ducs, les rois, La bonne aventure.
Alors d'amour sûreté
Entre sœurs et frères,
Sacrements et parenté Seront des chimères.
Chaque père imitera
Noé quand il s'enivra; Liberté plénière.
Plus de moines langoureux, De plaintives nonnes;
Au lieu d'adresser aux cieux Matines et nones,
On verra ces malheureux
Danser, abjurant leurs vœux, Galante chaconne.
Puisse des novations
La fière séquelle Nous rendre des nations
Le parfait modèle !
Et cet honneur nous devrons A Turgot et compagnons,
Faveur immortelle.
A qui devrons-nous le plus?
C'est à notre maître, Qui, se croyant un abus,
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Ne voudra plus l'être.
Ah qu'il faut aimer le bien Pour de roi n'être plus rien !
J'enverrais tout paître, O gué,
J'enverrais tout paître '.