IX
Clairambault-AIaurepas.
Dont il est si peu jaloux, Il faut bien qu'il le reprenne Quand nous le lui rendons tous.
Tout s'ennoblit, tout s'épure,
Tout s'agrandit sous ses lois;
Au vice il rend sa roture,
A l'honneur il rend ses droits ;
Il rétablit à Versailles
Et la décence et les mœurs *,
Et déjà même Noailles
Dit du bien des grands seigneurs.
Viens, déité de la France, Gaîté de nos bons aïeux, Xon celle dont la Régence Arma les caustiques jeux ; Mais toi, dont fut le modèle Le bien-aimé de Paris,
i. Ces réformes toutes morales, les seules qui eussent encore signalé le nouveau règne, ne pouvaient satisfaire qu'à demi ceux qui attendaient impatiemment la disgrâce des ministres du feu Roi et la suppression du Parlement Maupeou.
« On commençait à se persuader (peut-être y avait-il de la témérité dans ce jugement) que tout ce que l'on aurait gagné à changer de maître, ce serait un peu plus de décence dans les mœurs et un peu plus d'économie dans l'administration des finances ; au surplus, devait-on regarder cela comme peu de chose ? Quoi qu'il en fût, les poètes du temps ne laissaient pas de prendre la lyre et de chanter les louanges du nouveau monarque.» {Journal de- Hardy.)
Année i ~~4.
Qui tutoyait Gabrielle Et jurait ventre-saint-gris.
Déjà je vois reparaître Maurepas, ton favori *; Jadis l'ami de son maître Et le fléau de l'ennui ; On sait qu'il perdit sa place Un beau jour pour avoir ri Et que pendant sa disgrâce Tu fus toujours avec lui.
Ministres, laissez-moi rire, La Reine nous l'a permis; Ne craignez point la satire Et vivez tous bons amis ; La triste philosophie
i. Maurepas, comme on l'a déjà dit (Cf. t. VII, p. 146), avait été victime de sa malignité envers Mn,e de Pompadour. Louis XVI ne vit en lui qu'un ministre injustement disgracié, et, poussé par ses tantes, il s'empressa de le rappeler dès son avènement au trône. Le 12 mai, il lui écrivait de Choisy la lettre suivante :
« Dans la juste douleur qui m'accable et que je partage avec tout le royaume, j'ai de grands devoirs à remplir. Je suis roi : ce nom renferme bien des obligations ; mais je n'ai que vingt ans, et je n'ai pas les connaissances qui me sont nécessaires. Je ne puis travailler avec les ministres, tous ayant vu le Roi pendant sa maladie. La certitude que j'ai de votre probité et de votre profonde connaissance dans les affaires m'engage à vous prier de m'aider de vos conseils ; venez donc le plus tôt qu'il vous sera possible. Sur ce..., etc.. Louis. »
C 1 airamb aul t-AIaurep as.
Nous ennuya trop longtemps, Pardonnez à la folie Quelques couplets innocents.