‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 62 sur 121 · IX · texte numérisé non relu

IX

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La honte du soldat jaillit sur la couronne.

Du sort qui nous menace éloignez la rigueur,

Et rendez-nous la vie en nous rendant l'honneur 1.

i. Le baron de Besenval appréciait plus équitablement les intentions du ministre de la guerre. « On attendit, écrit-il, avec autant d'impatience que de crainte les changements qu'il avait annoncé devoir faire dans toutes les parties du militaire. Les bases de son système portaient sur de bons principes. Il voulait une subordination graduelle, exacte, un service ponctuel et suivi. Connaissant combien l'esprit des grands seigneurs en France est contraire à ces principes, il chercha à les éloigner du militaire, et ses premières opérations devaient être la réfoime de tous ces corps de faste et à privilège, de ces charges honoraires contraires à la discipline et à l'administration... M. de Saint-Germain, qui ne connaissait que l'esprit de l'étranger et les garnisons françaises, s'imagina changer celui des Français et faire plier sous sa volonté des gens qu'un roi absolu et tout-puissant aurait bien de la peine à réduire. Il ne tarda pas ;'i connaître qu'il s'était lourdement trompé. » Mais M. de Saint-Germain ne se borna pas à soulever contre lui les colères des courtisans, lésés par ses réformes. « Il trouva le moyen de mécontenter les soldats français par un système bien contraire aux préjugés nationaux et propre à affaiblir ce sublime principe d'honneur qui, en tout temps, leur fit affronter les plus grands perds par la persuasion même de leur supériorité sur les troupes étrangères qu'on conduisait par la crainte des plus vils châtiments corporels. Il établit que les fautes militaires, punies jusqu'alors par la prison, le seraient dorénavant par les coups de plat de sabre. Cette ordonnance ayant été lue à la tète des corps qui en furent dans la plus grande indignation, un grenadier gascon, de la garnison de Strasbourg, s'écria : Sandis, nous aimerions mieux le tranchant. On voit que M. de Saint-Germ;iin était bien loin de connaître l'esprit du militaire français. »

Année I~j6.

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