‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 4)Chapitre 85 sur 121 · LES EXPLOITS DU DUC DE CHARTRES · texte numérisé non relu

LES EXPLOITS DU DUC DE CHARTRES

Vous avez fait rentrer l'armée 1, L'Angleterre, très alarmée,

Vous en louera.

Vous aurez, par cet avantage,

i. C'est sur mer que commencèrent les hostilités entre la France et l'Angleterre. Les 17 et 18 juin, une escarmouche avait eu lieu entre quatre bâtiments français commandés par M. de la Clocheterie et quelques vaisseaux anglais ; mais le premier grand fait d'armes de la guerre fut le combat d'Ouessant, livré le 27 juillet par le comte d'Orvilliers à l'amiral Keppel. La marine française, réorganisée par M. de Sartines, reprenait par untcoup inattendu l'importance que lui avaient fait perdre les désastres de la guerre de Sept ans.

« A la grande surprise de l'Europe, qui ne croyait pas que notre marine, détruite dans la dernière guerre, pût ressusciter si promptement, observe le comte de Ségur dans ses Mémoires, on vit, indépendamment de la flotte de M. d'Estaing envoyée en Amérique, une armée navale de trente-deux vaisseaux et de quinze frégates, sortir du port de Brest, sous les ordres du comte d'Orvilliers. Ces trois divisions étaient commandées par les amiraux de Guichen, Duchafaut et Lamotte-Piquet. Celui-ci dirigeait par ses conseils l'ardeur de RI. le duc de Chartres, premier prince du sang, embarqué sur son vaisseau.

« L'amiral Keppel, à la tête d'une armée non moins forte, vint au-devant des Français. Il connaissait leur bravoure, mais il vit avec étonneraient la régularité de notre ordre

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Et les lauriers et le suffrage De l'Opéra.

Quoi ! vous avez vu la fumée i ?

Quel prodige ! La renommée

de bataille, l'habileté de nos manœuvres et les progrès rapides de notre instruction.

«La bataille fut vive et sanglante; beaucoup de vaisseaux éprouvèrent dans leurs équipages, dans leurs mâtures, dans leurs agrès des pertes considérables ; mais, comme de part et d'autre aucun bâtiment ne fut pris, on se sépara sans résultat définitif. L'Angleterre, trop accoutumée aux triomphes maritimes, se crut défaite parce que nous n'avions pas été vaincus, et la France s'attribua la victoire parce qu'elle n'avait pas reçu d'échec% »

I. Le duc de Chartres (le futur Philippe-Egalité), qui avait sollicité sans succès la survivance de la charge de grand amiral de France, reçut un commandement d'honneur sur la flotte du comte d'Orvilliers, et prit part au combat d'Ouessant, où il était à la tête de l'arrière-garde. Sa conduite dans cette affaire donna lieu aux appréciations les plus contradictoires, si bien qu'après avoir été tout d'abord accueilli avec enthousiasme par les Parisiens, il devint l'objet de leurs railleries. « M. le duc de Chartres, rentré avec la flotte dans le port, revint trop promptement à Paris. Dans les premiers moments il fut entouré d'éloges ; au spectacle, on lui jetait des couronnes de lauriers. Partout retentissaient des chants de victoire; la cour et la ville semblaient dans l'ivresse.

« Mais bientôt les nouvelles détaillées arrivèrent, l'enthousiasme s'évanouit, les éloges firent place aux épigrammes. On accusa le comte d'Orvilliers de trop de circonspection, on reprocha au duc de Chartres l'inexécution d'un ordre qui aurait pu lui faire couper la ligne ennemie. On l'irrita en lui retirant son commandement pour le nommer colonel général des hussards, et ce désagrément, qui lui sembla un affront, fut peut-être le germe qui produisit plus tard tant de fautes et de malheurs. » (J/e'w. du comte de Ségur.)

i yo Clairambaul t-AIa u repas.

Le publiera.

Accourez vite, il est bien juste D'offrir A-otre personne auguste

A l'Opéra.

Tel, cherchant la toison fameuse, Jason sur la mer orageuse

Se hasarda ; Il n'en eut qu'une, et, pour vos peines, Je vous en promets des douzaines

A l'Opéra.

Chers badauds, venez à la fête, Accourez, criez à tue-tête :

Bravo ! brava !

Cette grande action de guerre Est telle que l'on n'en voit guère

Qu'à l'Opéra.

Grand prince, poursuis ta carrière :

Paris à ton humeur guerrière

Applaudira.

Par de si nobles entreprises A jamais tu t'immortalises

A l'Opéra1.

i. « On n'a pas manqué de plaisanter Al. le duc de Chartres sur ses exploits maritimes, sur son retour à Paris, sur son ostentation de se montrer à l'Opéra et sur la sotte admiration dont l'ont accueilli les badauds; ce vaudeville, un des meilleurs faits depuis longtemps, où l'on retrouve

Année IJ/S. i^i

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