SUR LA COUR DE LORRAINE
De cette cour le souverain M'a surpris autant que son nain.
La nature, au siècle où nous sommes, Renverse étrangement ses lois :
J'ai vu le plus petit des hommes Et le plus grand de tous les rois^
l'évêque d'Évreux d'ajournement personnel pour refus de sacrements.
' I. Vers faits à la vue du petit Bébé, nain du roi de Pologne, par Fréron, lors de son séjour à la cour de Lunéville. Ce nain n'a que vingt pouces de haut, est âgé de treize ans et un sabot lui a servi de berceau lors de sa naissance. (M.)
2, « Il était réservé au bon roi Stanislas de tempérer par l'influence des lettres, des arts, de la philosophie et des plaisirs tranquilles et décents, les caractères encore fougueux des princes lorrains, et d'opposer l'amabilité de son esprit et les philosophes qu'il appela à sa cour à la
raideur du génie et des usages des siècles précédents
Stanislas fut sans cesse le père et l'ami du peuple, il combla la province de bienfait^. » {Mém. de Richelieu)
234 Cl airambaul t-AIaurepas.
SUR LES AFFAIRES Dl^ TEMPS
Pour deux sortes de pains, ô temps ! ô mœurs étranges, L'on expose Paris à de cruels dangers : L'audacieux Beaumont nous prend celui des anges, Et Bouret nous surfait celui des boulangers ^
Dans ces troubles affreux qui désolent la France, Les uns sont pour la foi, d'autres pour l'espérance; La charité périt et personne n'y pense.
I. Dès l'année 1752, le prix du pain avait sans cesse augmenté, et le bruit se répandait que le Roi spéculait sur le commerce des blés. « Le gouvernement, remarquait d'Argenson, veut se rendre maître du prix des vi'STCs. M. de Machault prétend faire ressource au Roi d'un gros bénéfice sur les grains, poussé à cela par les financiers qui l'entourent, et par Bouret ; on lui déguise le monopole en bien public. »