SUR LES ROIS DETRONES
Stuart, chassé par les Anglais Dit son rosaire en Italie.
Stanislas ex-roi Polonais Fume sa pipe en Austrasie.
L'empereur chéri des Français Vit à l'auberge en Franconie.
Peuples, célébrez à jamais Une si rare Epiphanie.
sur LE COMTE DE MAUREPAS
Comment voulez-vous qu'en France La marine aille son train, Confiée à l'impuissance Du dernier des Pontchartrain ?
Nous souffrons de son étoile ;
Année I'j44' 43
Il ne manque pas de voile,
Mais où le blesse le bât,
C'est qu'il n'a pas de grand mât'.
SUR LE MARQUIS D'aRGENSON^
Nox, d'Argenson n'est pas un ministre de balle, Quoi qu'en dise la cabale; Il est bien fait pour son département.
Car, sans lui faire compliment, On peut dire que les affaires Sont pour lui fort étrangères •'.
1. L'équivoque est facile à saisir, si l'on tient compte des bruits qui couraient sur Maurepas. « On lui a disputé jusqu'à la qualité d' homme, disait le marquis d'Argenson et il a une grande réputation d'impuissance. »
2. René Louis de Voyer, marquis dArgenson (1694- 1757), était le fils aîné de l'ancien lieutenant général de police et garde des sceaux du Régent ; il avait été conseiller au Parlement, conseiller d'État, et intendant du Hainaut. Il fut appelé le 18 novembre 1744 au poste de ministre des affaires étrangères, vacant depuis six mois par suite du renvoi de M. Amelot.
3. Le marquis a pris soin de nous tracer lui-même son portrait : « J'ai de l'imagination, dit-il, l'esprit^très vif, et pour peu que quelque passion m'anime, je puis être entraîné fort loin, peut-être jusqu'à la folie, si je n'y prenais garde. Ce que j'ai d'esprit, je l'ai juste. J'ai le cœur et les sentiments lents, mais rudes et tenaces : mes affections sont durables, et pour ainsi dire opiniâtres; la mémoire prompte et facile... Je vaux peu, mais je brûle d'amour pour le bon-
44 Clairambault-Maurepas.