‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 51 sur 205 · CHARS DE LA VILLE DE PARIS · texte numérisé non relu

CHARS DE LA VILLE DE PARIS

J'ai vu passer ces chars si beaux.

Ah ! qu'ils ont surpris nos badauds; Bouche béante à cette fête,

1. « Elle avait infiniment plus de ressources du côté de l'esprit que la précédente Dauphine. Son éducation, ainsi que celle de toutes les princesses du Nord, avait été très soignée. Outre sa langue naturelle, on lui avait appris la latine, la française, l'italienne, l'histoire, le dessin ; plusieurs autres connaissances d'utilité ou d'agrément étaient entrées dans le plan de ses études, et son avidité extraordinaire de s'instruire lui avait fait faire de grands progrès en tout genre. » ( Vie privée de Louis XV,)

2. Sur les chars de Mars, de l'IIymcn, de Bacchus, de Ccrès et du vaisseau que la ville de Paris porte pour armes que M. le prévôt des marchands Bernage fit promener par la ville le jeudi gras, 9 février, au sujet du mariage du Dauphin. (M.J

Année ij^j. p^

Ils suivaient tous en admirant ; Le dieu Mars en branlant la tête* Montrait n'être pas content.

L'Hymen et son flambeau glacés

M'ont ici paru délaissés ;

Pas un Amour, pas une Grâce :

Dans ce char (comme en plus d'un lieu)

On vit l'ennui prendre leur place

Et bâiller auprès de ce dieu.

Bacchus, sur son char éclatant, De loin paraissait triomphant.

Quoi ! ni Bacchante ni Ménade !

L'auraient-elles abandonné ?

Le dieu du vin est-il malade ?

Qu'il paraît triste et consterné !

Vous, qui présidez aux moissons, Venez nous combler de vos dons, Ciel, quelle abondance stérile !

Ce n'est que de l'oripeau.

Et Cérès, en blés si fertile.

N'a ni moissonneurs ni gâteau.

D'ordinaire sur les vaisseaux • On y voit quelques matelots ;

I. Les saccades du char lui ébranlèrent tellement la tête qu'elle sauta de dessus ses épaules dès la place Royale, au tiers du chemin de sa tournée. (M.)

P4. Clairambault'AIaurepas.

Mais pour celui de notre ville, Il vogue souvent au hasard.

Sans pilote, du moins habile, Tantôt va tôt, tantôt va tard.

Il ne manquait au prévôt*,

Pour gagner notre suffrage,

Il ne manquait au prévôt

Que de conduire un chariot ;

Par sa charge matelot*,

Charretier par un goût nouveau.

Il sera toujours Bernage

Sur terre comme sur l'eau.

Il lui faudrait des sabots

Pour faire plus de tapage;

Il lui faudrait des sabots,

Des mieux faits et des plus beaux.

Un grand fouet et son chapeau

De magistrat en clabeau

1. Le prévôt des marchands disant, quelques jours avant le départ de ces chars, qu'il s'étonnait de n'avoir rien vu paraître contre ces chars, son confident lui dit : Donnezvous patience, cela viendra. Dans le moment on vit arriver une grande caisse où il y avait dessus quarante livres de port, et étant ouverte il s'y trouva dedans un sarrau de charretier, un fouet, des sabots et une étrille. C'est sur cela qu'ont été faits les deux derniers couplets. (M.)

2. Allusion au vaisseau qui figure dans les armes de la ville de Paris.

Année iy4j. 95

A côté de l'équipage Entonnant un Dia huriau^ !

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