‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 52 sur 205 · Exclamation de charretier · texte numérisé non relu

Exclamation de charretier

2. Charles-Edouard Stuart, dit le Prétendant, fils aîné du chevalier de Saint-George, désireux de tenter une restauration de sa famille sur le trône, avait débarqué en Angleterre au mois de juin 1745. La France, dont cette tentative secondait la politique, avait encourage les espérances du prince, mais elle ne le soutint pas. Aussi Charles- Edouard, après quelques succès qui avaient vivement ému le roi Georges, fut-il écrasé à Culloden (1746) par le duc de Curàberland et contraint de fuir misérablement, tandis que le plus notables de ses partisans étaient immolés sur l'échafaud.

96 Clairamhault-Maurepa.

Que tes parricides sujets, Obstinés à te méconnaître, Consomment leur ancien forfait Indignes de t'avoir pour maître.

Poursuis, cher prince, montre-toi Digne du sang qui t'a fait naître; Sans doute il est grand d'être roi, Plus grand de mériter de l'être *.

Sois au-dessus de tes revers; Quel que soit le sort de la guerre.

L'estime de tout l'univers Vaut bien le sceptre d'Angleterre.

Ce bien qu'on ne peut te ravir Est préférable au rang suprême; La vertu seule en fait jouir Et tu ne le dois qu'à toi-même.

Mais quoi ! c'est ton Dieu que tu sers, Dans ses promesses il est fidèle ; Pour la couronne que tu perds Il t'en réserve une immortelle.

I. Le prince lidouard rentra en France au mois de septembre 1746. « Paris vit revenir avec attendrissement ce héros infortuné. Ceux qui n'étaient point au fait des obstacles invincibles qui s'opposaient à sa réussite, attribuèrent sa défaite au peu d'efforts que la France avait faits pour lui ; ils s'indignèrent contre le ministère qui l'avait fait le jouel de sa politique. « {Vie trivét de Louis XV.)

Année I'J4J. 97

Que dis-je ! ce maître des rois, Même avant cette récompense, Peut te remettre une autre fois Dans tous les droits de ta naissance.

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