‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 89 sur 205 · MADAME D'ESTRADES · texte numérisé non relu

MADAME D'ESTRADES

Si vous voulez faire Dans le temps présent La plus mince affaire, 11 faut de l'argent; Parlez à d'Estrade : elle reçoit un écu- Lanturelu.

1. M'"^ d'Estrades, veuve du comte d'Estrades tué à la bataille de Dettingen, se trouvait, par son mari, nièce de M. Le Normand de Tournehem et cousine de M"'" de Pompadour, dont elle avait d'abord recherché l'amitié et qui l'avait fait nommer en 1745 dame d'atour de Mesdames. C'était, d'après le duc de Luynes, une femme jeune, assez grasse, petite et de fort grosses joues. « Elle fut, dit Marmontel, l'amie et la complaisante de M"* d'Étiolés, qui ne croyant pas réchauffer un serpent dans son sein, l'avait tirée de la misère et amenée à là

cour Cette intrigante abandonna sa bienfaitrice pour

se livrer au comte d'Argenson et conspirer avec lui contre elle. Il est difficile de concevoir qu'une aussi vilaine femme dans tous les sens eût, malgré la laideur de son âme et de sa figure, séduit un homme du caractère, de l'esprit et de l'âge de M. d'Argenson ;mais elle avait à ses yeux le mérite de lui sacrifier une personne à qui elle devait tout, et d'être pour l'amour de lui la plus ingrate des créatures. »

2. Intrigante et avide, M'"' d'Estrades était accusée de trafiquer du crédit dont elle jouissait auprès du ministre de la guerre.

Année ij^g. 153

Si vous vouliez être Sûr de la trouver Et la reconnaître Sans la demander, Cherchez le visage le plus semblable à un c.

Quoique l'on s'en gausse, On a si bien fait, Qu'on trouve une sauce Au fade brochet; Pour dernière épreuve On le met au bleu tout crû.

Lanturelu.

EPIGRAMMES DIVERSES

SUR LE ROI

Louis^ dit-on, est surpris En donnant la paix à la France, De voir le peuple de Paris Témoigner tant d'indifférence.

I. « Comme le peuple ne témoignait pas une grande joie de la paix présente, par rapport aux impôts, le Roi, par un édit du 4 février qu'on a publié dans les rues, a supprimé les droits imposés en 1745 et 1748 sur le cuivre,

1^4 Clairambauît-Maurepas.

Pour rendre le calme aux esprits

La paix n'est pas la seule voie :

Qu'il traite des sujets comme ses ennemis,

Qu'il leur rende ce qu'il a pris,

Il verra bien des feux de joie.

Celui qui ne voulait rien prendre ^ Celui qui prit tout, pour tout rendre, Prit deux étrangers ^ pour tout prendre ; Prit un étranger^ pour tout rendre.

Prit le Prétendant pour le prendre.

Prit le Prétendant pour le rendre.

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