‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et indexChapitre 95 sur 205 · COUVENT DE MADAME PARIS · texte numérisé non relu

COUVENT DE MADAME PARIS

Parmi les jeux, parmi les ris, Dans notre monastère.

Nous vivons chez la Paris Comme l'on vit à Cy thère ; Vénus y vient fixer sa cour, Et dans la même envie Son fils préfère ce séjour A celui d'Idalie*.

1, La Paris, fameuse courtisane et maq Le curé de

Saint-Sulpice avait fait ses plaintes à M. Berrier, lieutenant général de police, pour la faire déménager de dessus sa paroisse. (M.)

2. « Sur la fin de l'année dernière florissait M""" Paris, supérieure d'un couvent de filles perdues établi par elle rue de Bagneux, sous la protection du lieutenant de police. Son monastère, où tout Paris a couru et court encore, a été pendant quatre mois le vaudeville de toutes les conversations. Les femmes de la cour et de Paris, ce qu'on

Année lySo. 167

Plein du feu voluptueux Que ce dieu nous prodigue, Sans cesse des traits amoureux Nous souffrons la fatigue ; De jour en jour nouveaux plaisirs Naissent avec l'aurore ; La nuit, propice à nos désirs, à Le voit renaître encore.

Nous célébrons tranquillement

Notre amoureuse orgie ;

Nous immolons tout sentiment

Aux douceurs de la vie.

C'est le vrai bien que nous goûtons,

La divine prêtresse

Nous en donne les leçons,

Nous y conduit sans cesse.

Sous le nom du berger troyen Si connu dans l'histoire,

appelle les honnêtes femmes, en parlaient ouvertement et tout le monde admirait les règles de son institut. Saint- François, Saint-Bernard, Saint-Benoît et Saint-Ignace n'y font œuvre. On peut apercevoir cependant quelques différences entre ces ordres et celui de M'"*' Paris*: ceux-là veulent des novices ; celui-ci n'admet que des professes. Pour réduire la chose au simple, et parler sans figure, jVjme Paris tient^b... et y a mis un ordre singulier; elle fait effectivement apprendre aux filles qui sont chez elle à lire, à écrire, leur religion, à chanter, danser, etc. ; M. Berrier la soutient et la protège. Il a été du bon air et de mode d'aller chez cette femme cet hiver. » {Joiirn. historique de Collé.)

68 Clairambault-Maurepas.

Notre mère aujourd'hui parvient Au comble de la gloire; Mais elle n'appréhende pas, Sûre de ses conquêtes, Par quelque nouveau Ménélas De voir troubler ses fêtes.

Sur un sujet aussi touchant, L'épique pourrait plaire; A le célébrer par ses chants Nous invitons Voltaire.

L'esprit affaibli, le cœur vieux, N'ayant plus d'Emilie ^ Que pourrait-il faire de mieux Le reste de sa vie ?

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