Casuistes célèbres de l'ordre des jésuites
Année 1717. 24.9
De Pascal on ne parlera, Ni ses Lettres * on ne lira; Elles causeraient trop d'ennui.
Le beau cardinal de Rohan, Chargé de soins plus importants , Peuplera le Mississipi.
Nul janséniste on n'y verra, Mais les enfants de Loyola Iront réformer le pays,
Le pape même y enverra La foi, la bulle, et cœtera.
Par le cardinal de Bissy.
Tous les jeux on y défendra.
Le pharaon et le hoca*,
Comme ils s'observent dans Paris.
1. Les Lettres provinciales de Pascal dirigées contre la casuistique des jésuites sont un chef-d'œuvre de malice spirituelle, de fine raillerie et surtout d'injuste diffamation. C'est Pascal qui a popularisé le nom d'Escobar, et c'est sur la foi d'un janséniste que l'on raille encore aujourd'hui les prétendus principes relâchés de cet auteur, que ses adversaires n'ont jamais lu.
2. La manie du jeu était devenue sous le règne de Louis XIV une véritable fureur que les plus sévères défenses n'avaient nullement comprimée. Le pharaon et le hoca avaient été spécialement prohibés par arrêt du Parlement, à cause de la facilité des fraudes.
250 Clairambauli'Maurepas.
Chambre de justice on fera, Remplie de tous ces scélérats Qui les innocents ont ptmis.
Fourqueux, ainsi que Lamoignon, Boistel, Amiot etTourmont, Demandent à en être aussi.
Ces juges, fripons et maudits, Feront peut-être encore pis, Que l'on a fait à celle-ci.
Force p il y aura;
Par elles, grâces on obtiendra, Tout comme il se pratique ici.
Les partisans on taxera.
Dont le roi peu retirera.
Comme il vient d'arriver ici.
Sardanapale^ dans son temps.
De même que fait le Régent, Se livrait à tous les plaisirs.
Tout ainsi qu'un tonneau de vin , Le Régent, le .... à la main.
Perce quand il veut la Beriy.
I. Roi d'Assyrie, célèbre par son existence efféminée et voluptueuse.
Année l^iy. 251
Monsieur le Duc, fort peu content, De chasser dans ce continent, Veut chasser à Mississipi.
Bonne maman voudrait aussi S'en aller à Mississipi, Avec Lassay son bon ami.
Du Maine, ici, dont par édit La naissance Ton a flétri, Roi sera à Mississipi.
D'An tin, président à Paris, Se fâche s'il ne l'est aussi Du pays de Mississipi.
L'abbé d'Auvergne s'est vanté Qu'il aurait un archevêché * , Zest, c'est un rat qu'il a pris.
Massillon s'en va à Clermont,
I. L'abbé d'Auvergne finit cependant par obtenir gain de cause ; en 1719, il fut nommé à rarchevêché de Tours, puis il passa à celui de Vienne. « Il s'en fallait bien, dit Saint-Simon, que sa réputation fût entière; ses mœurs étaient publiquement connues pour être celles des Grecs, et son esprit pour ne leur ressembler en aucune sorte. La bêtise décelait sa mauvaise conduite, son ignorance parfaite, sa dissipation, son ambition, et ne présentait pour la soutenir qu'une vanité basse et continuelle. »
2^2 Clairamhault'Maurepas,
Pour prendre aux femmes le mentoo.
Ainsi qu'il faisait à Paris ^.
On envoie à Mississipi Toutes les p de Paris.
Lon lan la derirette. Adieu, duchesse de Berry I
Lon lan la deriri.
rfV»«i<N«/S/V^W^
Les beaux-arts on cultivera Et des prix on proposera
Landerirette, Aux savants du Mississipi.
Landeriri.
Des loteries on ouvrira, £t les billets on brûlera, Pour en maintenir le crédit.
I. Le tendre Massillon fut accusé de trois galanteries, pour M"» de l'Hôpital, M"« de Simiane et M" la duchesse de Berry. Et ce ne sont pas seulement les chansonniers qui dévoilèrent indiscrètement la vie privée du prélat ; Mathieu Marais, dont le grave témoignage parait à l'abri de toute critique, écrit dans son Journal en 1720. « II y a quelques années qu'on a fait courir le bruit d'une galanterie qu'il avait eue avec la marquise de l'Hôpital. Ses amis disaient que c'était une calomnie ; mais feu M"*" la dauphine, qui en était bien informée et qui avait ime lettre de ce commerce, assura la cour de la vérité de l'histoire, et on en fit des chansons qui ont passé avec le temps. A présent cela se renouvelle. » Nous croyons toutefois que la malveillance était pour beaucoup dans ces rumeurs.
Annie lyij. 253
Des conseils on établira, Et le commerce y fleurira , Tout ainsi qu'en Frande il fleurit.
Les maltôtiers y pilleront,
Et les juges les taxeront
Pour avoir leur part du profit. ^
Jansénistes par charité, Jésuites par humilité.
S'échaufferont pour leur parti.
Les moines, et aussi les prélats, Posséderont force ducats.
Prêchant la loi de Jésus-Christ.
Les Anglais et les Hollandais , Qui du Mogol * étaient les rois, De nos projets sont étourdis.
Enfin tout y prospérera , Et la France on désertera
Landerirette, Pour peupler le Mississipi.
Landeriri.
I. L'empire du Grand Mogol, aujourd'hui détruit^ s'étendait sur toute la péninsule hindoustanique. C'est là que les Hollandais et les Anglais avaient leurs plus belles colonies.