‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 149 sur 155 · II · texte numérisé non relu

II

314 Clairambault'Maurepas,

— J'y consens, dit du Maine, Mais je ne suis pas né D'un roi ni d'une reine, Car le fait est prouvé Qu'avant que ma maman se livrât au monarque.

De Lauzun un poupon ^ Dans les flancs lui coula I I C'est chose de remarque. '

J'enrage dans mon âme

D'être fils de p

Voici le bœuf et l'âne, Contons-leur mon chagrin :

Messieurs, pour cet effet, venez manger ma soupe , Bon foin, force chardons, Quantité il y aura.

Nous tremperons la croûte.

Entendant la semonce, Joseph s'est écrié :

Qui t'a, fagot de ronce, Aussi mal fagoté ?

Quoi I tu prétends ici suborner ces detiz bêtes ! Nous t'en empêcherons, Et Dieu t'en punira Par cornes à la tête.

I. Les prétendues relations entre Lauzun et M™" de Montespan ne reposent sur aucune preuve sérieuse.

Année l'Ji'J* 315

Vous prenez mal la chose , Bonhomme, écoutez-moi, Nous avons même cause UEnfant Jésus et moi; On dit qu'il est bien fils de la Vierge Marie, Mais on a grand soupçon.

Qu'il n'est point de Juda De la race sortie.

Je voulais faire entendre A ces deux animaux Que Jésus pouvait rendre, Sur des écrits nouveaux Un édit qui^assât celui de la Régence *.

J'offrais un million.

Place au conseil d'État, Pour ces deux révérences.

Par un nouveau système Je prétends revenir Contre l'édit suprême Qui veut m'anéantir; Je soutiendrai partout le droit de ma naissance, Jempêcherai Bourbon, Quand le cas écherra, De gouverner la France.

I. L'édit du 8 juillet 1717, qui, révoquant l'édit de 1714 et la déclaration de 1715, enlevait au duc du Maine et au ■comte de Toulouse leur rang de princes du sang.

^î6 Clairambault-Maurepas.

Counuit à toute outrance , Bourbon au nouveau-né A ûût sa remontrance D'un air tout courroucé !

Défendez donc, Seigneur, la chasse à la canaille Je jure par Plu ton, Si tu ne le fais pas.

D'envoyer tout au diable.

A cette pétulance Joseph a répondu :

Pour ton irrévérence, Contre FEnfant Jésus, Tu seras désormais privé de toute chasA ; Dautre punition A présent tu n'auras, Pour punir ton audace.

Jésus, las de sornettes £t les voulant finir.

Dit à Joseph : Arrête Ceux qui voudront venir.

Il est temps de manger en repos ma bouillie, Le prenant sur ce ton

Don don, Ils ne finiront pas

La la. De conter leurs folies.

Année l'jij* 317

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