‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 18 sur 155 · LA DUCHESSE DE BERRY · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE DE BERRY

Quel spectacle ! quelle allégresse !

Que d'éclat, de jeux et de ris !

Les plaisirs renaissent sans cesse

I. « Ces stances sont de la composition de M. Crouzelier, conseiller au parlement de Metz, qui eut l'honneur de les présenter lui-même à la duchesse.* fAfercurg ga/ant.J

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Et reçoivent un nouveau prix ; Tout nous charme et nous intéressé...

Mais peut-on en être surpris !

On rend hommage à la princesse Qui fait l'ornement de Paris.

Sa beauté n'a rien qui n'enchante, On vante sa vivacité, Sa grâce en tout est ravissante Et son regard est respecté.

Sa jeunesse est toute brillante, Son port est plein de majesté, Et sitôt qu'elle se présente Tout cède à sa noble fierté.

Heureux qui sait comme elle pense, Qui par son rang, où son crédit V

En fait souvent l'expérience !

Ce que la voix publique en dit * Trouve d'autant plus d'assurance Que l'air charmant dont elle rit Nous paraît une conséquence Pour le brillant de son esprit.

Pour son grand cœur que rien n'égale Dans la pompe, ou dans les bienfaits, La pente en est si libérale

I. La voix publique, comme on l'a vu précédemment, n'en disait pas précisément du bien.

46 Clairamhault'Maurepas,

Que sans entrer dans son palais Où sa bonté vraiment royale Se déclare par tant de traits, On voit assez que tout signale Le plus grand cœur qui fut jamais.

Tout nous surprend et tout retrace Sa magnificence et son choix.

Si je la suis dans une chasse, Quelle ardeur I qu'est-ce que je vois !

Toute sa course a tant de grâce Que les divinités des bois , Heureuses d'en suivre la trace, Semblent se ranger sous ses lois.

Si dans la séance inquiète D'un jeu vif, piquant, incertain, On la voit quelquefois sujette Aux revers communs du destin; Dans sa tranquillité parfaite Inaccessible à tout chagrin, Son âme égale et satisfaite.

Ne ressent ni perte ni gain.

Mais quelle joie inconcevable Et quel surcroît d'étonnement, Quand un spectacle favorable Excite son empressement !

L'effet en est si remarquable Que le plus simple amusement.

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Par un attrait inexprimable , Devient un doux enchantement.

Cependant, si j'ose le dire, Dans ces instants si précieux Le spectacle en vain nous attire Par des plaisirs ingénieux.

C'est la princesse qu'on admire, •Et ses appas victorieux Font toujours sentir leur empire Aux spectateurs trop curieux*.

Que vous nous êtes nécessaire, Princesse I l'on verra toujours Régner, ici comme à Cythère, Les ris charmants et les amours.

On vous en nommerait la mère Mais l'éclat^aissant de vos jours , Par un avantage contraire, Ravit ce titre à nos discours.

Pour une princesse si belle,

A qui les cœurs s'immolent tous

Et dont chaque soleil rappelle

I. Il y a loin de cette assertion à la vérité, témoin le fait suivant rapporté par Duclos : « Elle parut sous un dais à l'Opéra, et le lendemain à la Comédie, quatre de ses gardes sur le théâtre et les autres dans le parterre. Le cri fut général et de dépit elle se renferma depuis dans une petite loge où elle était incognito. »

48 / Clairambault'Maurepas.

Quelque triomphe parmi nous^ Marquez, signalez votre zèle, Nobles plaisirs ; que d'entre vous Une troupe toujours nouvelle Rende encore son sort plus doux I

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