‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 19 sur 155 · SCANDALES DU TEMPS · texte numérisé non relu

SCANDALES DU TEMPS

Que notre Régent et sa fille Commettent mainte peccadille.

C'est un fait qui semble constant, Mais que par lui elle soit mère*, Se peut-il que d'un même enfant Il soit le grand-père et le père ?

Si pourtant, comme on le présume.

Elle a fait un petit posthume.

Il faut bien lui donner un nom.

Peur d'un jugement téméraire.

I. Nous avons vu .ci-dessus (p. 38) d'api es le témoignage peu suspect de Saint-Simon, ce qu'il fallait penser de ces imputations odieuses»

Année ijiG. 49

C'est La Rochefoucault et de Pons Gontaut^ de Rîom, La Haye, Salvaire *.

I. Il est fort probable que tous ces courtisans furent les amants de la duchesse, puisque Saint-Simon déclare que , du vivant de son mari , « ses galanteries n'avaient pas laissé d'avoir plusieurs objets et avec assez peu de contrainte ». Il est dit à ce propos, dans les Mémoirts de Richelieu : « Outre ses amours qu'on lui reprocha sans cesse avec son père, elle eut toujours plusieurs amants qu'elle changeait souvent pour les reprendre de nouveau. Elle eut d'abord l'écuyer de la grande écurie nommé Salvaire. La Haye, page du duc de Berry,lui succéda, avec le titre de gentilhomme ; ce qui lui fit donner un nom scandaleux (M. Taut'Prét)j i csLUse de la proximité du domicile jointe à la qualité d'amant. Malgré ce sobriquet, que toute la ville s'entendit poiu* ainsi dire à lui conserver, le marquis de La Rochefoucauld lui succéda ; il était capitaine de ses gardes et fut nommé comme celui qui l'avait précédé. Le marquis de Bonnivet, chambellan du duc de Berry, vint après, et puis le comte Daidie, officier des gardes fran> çaises. » Duclos n'est pas moins explicite : « A peine eutelle épousé le duc de Berry, qu'elle eut des galanteries, où le respect qu'on devait à son rang l'obligeait à faire les avances. Le commerce qu'elle eut avec La Haye, écuyer de son mari, fut porté à un degré de frénésie incroyable. Non contente de laisser éclater sa passion, elle proposa à son amant de l'emmener en Hollande. La Haye frémit à cette proposition, et se vit obligé, pour ne pas être la victime de sa discrétion sur un pareil délire, d'en faire part au duc d'Orléans. Il fallut tour à tour effrayer et flatter cet esprit égaré pour que le projet ne perçât pas jusqu'au roi. Peu à peu l'accès se dissipa; et cette furieuse céda enfin à l'impossibilité de se satisfaire, ou à la crainte de rendre sa folie funeste à son amant. » Nous avons déjà parlé des relations de la duchesse avec de Riom ; nous ne reviendrons pas sur ce sujet, que l'on trouve détaillé tout au long dans les Mémoires de Saint-Simon et de Duclos.

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