LE GOUVERNEMENT
RÉJOUISSEZ-VOUS aux abois Esclaves qu'on nomme Français !
Ne pleurez plus votre indigence, Dans les conseils de la régence Vous trouverez satisfaction Salut et bénédiction.
I. « La maréchale de Villars, écrit Madame, court beaucoup après le comte de Toulouse ; mon fils est aussi fort dans ses bonnes grâces. » Et elle raconte deux aventures plaisantes qui arrivèrent au maréchal, à propos de cornes.
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Bénédiction et bonheur I Vous n'aurez plus aucun malheur, Français, je vous le certifie; Vous allez passer votre vie Ainsi qu'à Cocagne*, en Congo', Et vous aurez tout à gogo.
Gogo, Lisette et Barbichon, Personnages de grand renom.
Donnent aux conseils suffrages, Et à qui veut leurs pucelages, Marque d'abondance et de bien Car tout cela ne- coûte rien.
Rien n'est plus doux, plus familier Que nos dames au grand collier.
Vulgairement dites princesses :
Elles remuent croupière et fesses Mieux qu'oncques né fit la Fillon ' Et donnent encore pension.
1. Brossette rapporte qu'il y a en Italie, sur la route de Rome à Lorette, une petite contrée très agréable et très fertile que l'on nomme Cucagna. Il pense que ce pourrait être là l'origine du pc^s de Cocagne, et la supposition parait assez plausible.
2. Le Congo ou Basse-Guinée a longtemps passé pour une terre aussi fortunée que le légendaire /^j de Cocagne,
3. Célèbre courtisane de Paris, dont le lieutenant de police d'Argenson et Dubois firent un espion politique. Ce fut elle qui découvrit au cardinal là conspiration de Cellamare.
6o Clairamhault-Maurepas,
Pensions, bijoux et chevaux.
Or, donnent à leurs damoiseaux.
De Luxembourg la jeune hôtesse.
De Bourbon la bonne duchesse. Qui veut se faire repasser £t ne veut jamais s'en lasser^.
Lassay est fort bon compagnon,
Maq , Gacé-Matignon ',
Cest tout dire; mais il n'importe.
Avec bêtes de cette sorte.
N'est ni cotte ni cotillon Dont on ne lève échantillon.
L'échantillon se prend toujours Pour à la pièce donner cours.
Aussi voit-on que la plus sage Donne à tâter son pucelage
1. L'auteur joue plaisamment sur ce mot. On a déjà vu que l'amant de la duchesse était le marquis de Lassay»
2. Le comte de Gacé , qui prit plus tard le nom de Matignon, devait à la conduite scandaleuse - de sa femine, l'épithète injurieuse accolée à son nom. «On publia, nous disent les Mémoires de Richelieu, que des seigneurs distingués, se permettant des fêtes nocturnes chez le comte de Gacé, avaient commis des actions dignes des temps d'Héliogabale ; on nommait M*"^ de Nesles, le prince de Soubise, le comte et la comtesse de Gacé. La méchanceté alla jusqu'à attaquer M*"* de Gacé d'une manière plus atroce que les autres dames. » Mathieu Marais est encore plus explicite, et raconte crûment dans son Journal l'aventure en question qui eut pour conséquence un duel entre M. de Gacé et Richelieu.
Année iyi6. 6i
Afin d'attirer les chalands Et de ne manquer de galants.
Galant fut notre défunt roi.
Ses enfants se font une loi Dç surpasser un si bon père ; Aussi voit-on par l'adultère Bourbons, bourgeois et Montespans Ne faire qu'un même sang.
Sous Louis, surnommé le Grand, On ne connaissait point de sang Qui pût venir à la couronne.
Mais aujourd'hui que l'on la donne Au légitime et au bâtard, Mon sang y viendra tôt ou tard *.
Tôt ou tard serez donc heureux, Messeigneurs mes petits-neveux; Vous aurez amants et maîtresses.
Et ferez bien des gentillesses.
Bien des tours d'esprit et de corps Jusqu'à ce que vous soyez morts.
Morgue ! ce que je vois est beau, Je vois courir dans un traîneau
I. Ce vers nous donne lieu de croire que le grand prieur de Vendôme est l'auteur de la satire. Il se rattachait à la famille des Bourbons par son grand-père César de Vendôme, fils naturel de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées.