‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 22 sur 155 · C'EST LA PURE VÉRITÉ · texte numérisé non relu

C'EST LA PURE VÉRITÉ

On dit que le Luxembourg Sert de réduit à Tamour, Ce n'est qu'une médisance ; On dit qu'à l'intempérance Un autel on a dressé ^ Que nuit et jour on encense; C'est la pure vérité.

On dit que chez la Condé Les amants sont bien traités.

Ce n'est qu'une médisance; On dit que par complaisance La maman de son côté Prend aussi part à la danse; C'est la pure vérité.

I. « Les soupers, les bacchanales, les mœurs du Luxembourg étaient les mêmes qu'au Palais- Royal , puisque c'étaient à peu près les mêmes sociétés. La duchesse de Berry, avec qui les seuls princes du sang pouvaient manger, soupait ouvertement avec des gens obscurs que Riom lui produisait. Il s'y trouvait même un certain père Reiglet, jésuite, complaisant, commensal, et soi-disant confesseur. Si elle avait fait usage de son ministère, elle aurait pu se dispenser de lui dire bien des choses dont il était témoin et participe. » (DucLOS.)

56 Clair amhault^Maurepas.

On dit que certain roué La duchesse a su charmer, Ce n'est qu'une médisance ; On dit que pour pierre d'attente Ce qui n'est pas écrasé, Faute de mieux, la contente; C'est la pure vérité.

On chante, belle Conti, L'excès de votre appétit.

Ce n'est qu'une médisance; Aux yeux de toute la France, La Fare que vous chérissez , Met le faux en évidence; C'est la pure vérité.

On dit que la Sur-Yon Voudrait bien changer de nom.

Ce n'est qu'une médisance ; On dit que par prévoyance.

Et pour fuir l'oisiveté, Marton l'instruit par avance ; C'est la pure vérité.

On dit que malgré sa beauté Le Lambesc* l'a gâté,

I. « Le prince de Lambesc, fils unique du comte de Brionne, épousa (mai 1709) la fille aînée du feu duc de Duras (Jeanne-Henriette), fi-ère aîné du maréchal duc

Année lyiô. 57

Ce n'est qu'une médisance ; On dit qu'avec indulgence Ses parens Tont fait traiter Quand il eut conté sa chance ; C'est la pure vérité.

On dit que sa sœur Duras * Peuplerait bien un haras, Ce n'est qu'une médisance; On dit qu'elle met par avance, Aux dépens de sa beauté, Plus d'un étalon en danse; C'est la pure vérité.

On dit que la Beaufremont * A tous dit pis que leur nom, Ce n'est qu'une médisance ; On dit que, sans conséquence, Elle peut tout hasarder Sans craindre la médisance ; C'est la pure vérité.

d'aujourd'hui, tous deux fils du feu maréchal duc de Duras , qui était belle comme le jour , très bien faite et fort riche. » (Saint-Simon.)

1. Henriette -Julie de Duras, mariée (nov. 1717) ^ Léopold de Pignatelli-Bisaccia, comte d'Egmont.

2. « M. de Beaufremont, avec bien des l'esprit et beaucoup de bien et de désordre , était un fort sérieux , très sottement glorieux, qui se piquait de tout dire et de tout faire , et qui avait épousé une Coiutenay plus folle que lui encore en ce genre. » (Saint-Simon.)

58 Clairambault'Maurepas,

On dit que le grand Villars Doit sa fortune aux hasards^ Ce n'est n'est qu'une médisance ; On dit qu'outre sa vaillance Sa femme de son côté A mérité récompense* ; C'est la pure vérité.

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