‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 43 sur 155 · CHANSONS LÉGÈRES · texte numérisé non relu

CHANSONS LÉGÈRES

Cest Cupidon qui m'inspire*; Tendres cœurs, accourez tous; Jamais Tamoureuse lyre Ne rendit des sons si doux Pour un lanla.

Iris, voici de la Fable Tous les mystères secrets : Ce carquois si redoutable, D'où TAmour tire ses traits.

C'est un lanla.

Ces bois, ces eaux, ce rivage DAmathonte et de Paphos,

A '■ ^T ^' l® ^^^^ P"®^ ^« Vendôme, à une fête qu'il \ii„^^ ^^ "^"^ d'Orléans, à sa maison de Clichy,

T^^..T..^^^ ^' ^^'^^^"^- <^-> - P^ilwe de Vendôme I1055-1727) grand prieur de France, était le frère du Célèbre général qui assura par ses victoires la couronne d Espagne au duc d'Anjou. Après avoir servi quelque

inT-^T ,^''Y°'^?' il ft^t disgracié pour sa mauvaise conduite à la bataille de Cassano. Louis XIV mort, il revint à Pans et vécut au Temple, dont il fit le théâtre de honteuses débauches. Il avait un esprit cultivé et beaucoup de goût, pour les lettres, mais « c'était, en tout, la plus vile, la plus méprisable et en même temps la plus dangereuse créature qu'il fût possible ». *- *-

Année Iji6. 107

Où chaque jour font naufrage Les sages et les héros, C'est un lanla.

Ce beau temple de Cythère, Qu'encensent même les dieux, N'est 4e marbre, ni de pierre.

Il est bien plus précieux, C'est un lanla.

De Troie réduite en cendre.

Quelle fut la cause ? hélas 1 C'est que Paris* alla prendre A ce bon roi Ménélas Un beau lanla.

Diane trop inhumaine Voulut punir Actéon*, Pour avoir, dans la fontaine.

Vu de trop près, ce dit-on.

Son beau lanla.

1. Paris, fils de Priam, roi de la Troade, avait enlevé Hélène, femme de son hôte Ménélas, roi de Sparte. Les Grecs conjurés pour châtier le ravisseur allèrent assiéger la ville de Troie et la détruisirent après dix ans de luttes.

2. La Fable raconte qu'Actéon fut conduit par les hasards de la chasse près de la fontaine de Parthénie, où Diane se baignait. Irritée d'avoir été surprise, la déesse métamorphosa en cerf l'infortuné chasseur, qui fut dévoré par ses chiens.

io8 Clairambault'Maurepas,

Ovide, loin d'Italie, Alla finir son destin, Pour avoir su de Julie * Dérober un beau matin Le beau lanla.

Connaissez-vous cette flèche Dont se sert l'Amour vainqueur, Quand il veut faire une brèche Dans un jeune et tendre cœur ?

C'est un lanla.

Vénus, divine, adorable^ N'eût point remporté le prix.

Si cette déesse aimable N'eût fait tâter à Paris * De son lanla.

Jadis, sous mainte figure. L'on vit descendre les dieux.

Ces maîtres de la nature.

Tous les jours quittaient les cieux Pour un lanla.

1. Il est possible que l'amour de la petite-fille d'Auguste pour Ovide ait causé l'exil du poète ; mais l'histoire ne nous a transmis sur ce fait aucune indication précise.

2. Junon , Minerve et Vénus . se disputaient la pomme d'or que la Discorde avait offerte à la plus belle des trois déesses. Paris fut choisi par Jupiter pour arbitre du différend, et il attribua à Vénus le prix de la beauté.

Année iyi6. 109

Les Jeux, les Ris et les Grâces, Vous accompagnent. Iris, L'amour marche sur vos traces, £t pour son trône il a pris Votre lanla.

Maïs peut'On se satisfaire Toujours de la fausseté ?

Quittons la fable^ bergère Goûtons la réalité De nos lanla.

Beaux lieux, si dignes de plaire.

C'est sous vos ombrages verts Qu'enchanté de ma bergère J'oubliai tout l'univers Pour son lanla.

Charmante MonasteroUe^ Oui, je suis au désespoir.

Ma faiblesse me désole,

I. Vçuve de La Chétaidie, gouvoneur de Béfort. «Elle était faite à peindre, et grande, dit Saint-Simon, fort belle, sans esprit, mais très galante et fort décriée, grande dépensière et fort impérieuse ; elle subjugua Monasterol qui fit la folie de Tépouser , et qui fut après bien honteux de le déclarer. » Monasterol était envoyé de l-électeur de Bavière auprès ^e Louis XIV.

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