‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 85 sur 155 · II · texte numérisé non relu

II

ipS Clairambault'-Maurepas,

Vient le relaps impénitent *,

Qui voudrait bien &ire l'important

Et que tout pût passer par lui.

Le Pelletier, d'un air pédant*.

Vient marmotter entre ses dents :

Il n'y a personne au logis.

traits, sa grosse perruque, une bonne tête. Il était soutenu du marquis d'Effiat et d'un bas intérieur de valets. On fut tout étonné qu'au moment de la formation du Conseil de régence il fût nommé pour en être. C'était une mule et pis ; car sa faiblesse, sa peur, ses ménagements et son défaut de lumières étaient extrêmes et demeurèrent bientôt* à découvert. » (Notes sur Dangeau.)

1. Bouthillier de Chavigny, ancien évêque de Troyès. Il avait d'abord mené une vie dissipée et brillante, puis rentra dans son évêché pour faire pénitence; mais après la mort de Louis XIV, sa nomination au Conseil de régence le ramena à la cour, et le mondain d'autrefois reparut. « Ses avis perdaient de leurs poids par leur variété. Il voulut plaire, il voulut pouvoir, il voulut éviter les obstacles; en deux mots, il redevint homme du grand monde et de la cour. La réputation tomba, la considération s'en alla ; il ne resta plus que l'amusement. » (Ibid.)

2. Le Pelletier de Souzy, membre du conseil des finances, n'entrait d'abord au Conseil de. régence que lorsqu'il s'agissait d'affaires financières; mais en mars l^l^y le Régent le nomma membre de ce Conseil. « Il avait partout une des plus délicates tables de la cour et la fleur de la bonne compagnie de la cour et de la ville ; il avait passé sa vie dans le commerce du plus grand monde et avec une plus grande considération. Aussi entreprit-il plus qu'il ne put porter. » (Ihid.) Il donna sa démission à plus de quatre-vingts ans et se retira à l'abbaye de Saint- Victor. Le Pelletier des Forts, dont il a été plusieurs fois question ci-dessus, était son fils.

Année IJIJ* 199

Torcy veut toujours jaboter ^ ; Le conseil, las .de Técouter, Ne lait nul cas de ce qu'il dit.

On voit un petit potiron * Qui griffonne sur un chiflfon Toutes les sottises qu'on dit.

Ce beau conseil est terminé Par une momie dhisurier '

Lon lan la derirette, Qui s'est placé là par dépit.

Lon lan la deriri.

1. « M. de Torcy entra au Conseil de régence au second ou au troisième qui fut tenu, parce que M. le duc d'Orléans voulut que M. de Torcy l'y précédât. » (Notes sur Dangeau.)

2. La Vrillière, qui remplissait les fonctions de secrétaire du Conseil de régence. « Sa taille, singulièrement petite, était ridicule par ses soins de la rehausser; comme il n'était presque rien et de rien du tout du temps du feu roi et que son père, Châteauneuf, n'avait pas été davantage, sa considération était très légère ; aussi fut-on fort surpris de sa fortune... Il obtint voix délibérative au Conseil, non sans grand murmure, et peu à peu il s'éleva fort à force de remplir toutes les fonctions qui restaient aux secrétaires d'État. » (Ibid.)

3. Pontchartrain, remboursé de sa charge de secrétaire d'État, figurait au Conseil de régence sans fonction et sans voix. « Accoutumé à régner sous le feu roi et despotiquement avec la verge de fer dans tout son départetement, et à dominer partout ailleurs avec tout l'empire, la rudesse et l'insolence d'un écolier mal né, devenu tout à coup régent de sa classe, il était tombé dans l'abattement qui succède à l'enflure, et dans toutes les bassesses qu'il crut le pouvoir soutenir. Il était presque aussi détesté

200 Clairambault^Maurepas,

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