LA MORT DE RAVECHET
Quand, par un sort fatal, le syndic de Sorbonne Voit qu'il lui faut enfin quitter ce monde-ci, Il méprise la mort et s'encourage ainsi :
< Le ciel, dit-il, me doit une couronne,
Voici le moment qui la donne.
Il doit faire ma joie et non pas mon souci. » Il meurt en paix. D'abord qu'il eut quitté la terre. En paradis ce nouveau saint monta.
A la porte il se présenta.
Saint Pierre ouvre, et lui dit : « Que voulez- vous ? — Saint-Père, Lui répond Ravechet d'un ton respectueux,
Sacré portier des bienheureux.
Je viens vous demander une part au partage Du céleste héritage
Où toujours ont tendu mes vœux.
— Je n'oserais rien de moi-même.
Dit Pierre ; je n'ai pas l'autorité suprême Douvrir ou de fermer la porte à qui je veux.
Il faut assembler les apôtres;
I. « Le sieur Ravechet, syndic de Sorbonne, allant à son exil de Saint-Brieuc , tomba malade d'une rétention d'urine à Rennes, chez les Bénédictins, qui en prirent grand soin; on lui administra les sacrements, et il y mourut le 24 mars, regretté pour son mérite et pour sa profonde érudition. » (^ourn. de Buvat.)
214 Clairambault'Maurepas,
Jai ma voix comme les autres, Mais je n'ai rien que cela.
Entrer en ce lieu n'est pas chose facile.
Nous tiendrons, dit-il, un concile.
En attendant, demeurez là. »