‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 99 sur 155 · II · texte numérisé non relu

II

222 Clairambauli'Aîaurepas,

Aujourd'hui les nouveaux venus En appellent comme d'abus.

Faites donc corps, modernes grands Avec vos illustres duchesses, Car vous prétendez vainement, D'être les chefs de la noblesse.

Séparez- vous, elle y consent :

Allez briller au Parlement *.

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les entreprises des pairs de France qui depuis longtemps font des efforts continuels pour s'élever au-dessus de la noblesse, former un ordre qui lui serait supérieur, et éta» blir, s'il leur était possible, quelque sorte d'égalité avec les princes de votre sang. — Plaise à Votre Majesté de déclarer que les pairs de France ne forment point un corps, et, en conséquence, leur défendre de se créer des sjrndics et des commissaires; déclarer aussi qu'ils n'ont point droit de décider seuls de la succession à la couronne et des régences, ni de régler les affaires importantes de l'État, qu'ils ne sont ni les chefs, ni les seuls juges de la noblesse, que les autres gentilshommes de votre royaume ont un droit égal à celui des pairs d'être appelés au sacre des rois pour y représenter les anciens pairs du royaume. »^ Mais le Régent, efirayé de ces dissensions, refusa de recevoir le mémoire, et défendit à l'avenir toute réunion de la noblesse, par arrêt du 14 mars.

I. Cette invitation est ironique, car un grave différend (Vaffair& du bonnet) existait alors entre les ducs et pairs et le Parlement. Les ducs réclamaient le droit d'opiner sans se découvrir aux séances du Parlement, l'obligation pour les présidents de les saluer du bonnet en demandant leur avis, et la mention de Jeiur présence dans le préambule des arrêts relatifs aux affaires publiques. Louis XIV

Année lyi'j. 223

Le Clergé, la Noblesse,

Avec le Tiers-État,

Convient votre Altesse

De finir le débat

D'un corps tout nouveau-né

Déserteur des trois autres, Qui paré d'un vieux nom, don don.

Sans en avoir Téclat, la la.

N'a d'appui que le vôtre.

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On dit partout, dedans la ville*.

Que le Régent

avait laissé ces questions indécises, et les ducs en réclamaient instamment la solution, que le Régent leur avait promise.

I. La noblesse, dont le Régent n'avait pas voulu écouter les réclamations, présenta au Parlenient une requête en forme de protestation contre tout ce qui s'était fait contre les princes légitimés au Conseil de régence, et contre ce qui pourrait être fait sans l'assemblée des états gênéraux, seuls juges de la succession à la couronne. Le Régent^ irrité de cette mention des états généraux, plus encore que de la désobéissance des nobles, fit emprisonner six d'entre les signataires de l'acte. « On envoya des officiers des gardes du corps arrêter six des principaux gentilshommes qui présentèrent avant-hier leur requête, dont trois seront mis à la Bastille et trois à Vincennes; ces six sont : un de Châtillon, chevalier de l'ordre; un de Polignac, frère du cardinal ; un de Vieuxpont, gendre de M. le Premier; M. de Rieux; M. de Clermont, gendre du marquis d'O, et M. de Baufremont, gendre de M. de Courtenay. » {tourna/ de Dangeau, 19 juin.)

224 Clairambault'Maurepas,

A £ût mettre dans la Bastille Le plus pur sang

Et l'élite de la noblesse :

Rieux, Châtillon,

Vieuxpont, dont on sait la sagesse, Et Baufremont.

On dit encor que dans Vincennes

On tient Clermont, Polignac et demi-douzaine

De ces barons^ Qui tous^ remplis du grand courage

De leurs aïeux.

Ne rendront jamais leurs hommages

Aux ducs moins qu'eux.

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