‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 11 sur 147 · L'AIR GRAVE · texte numérisé non relu

L'AIR GRAVE

Avoir l'air grave ou l'air commode C'est le pléonasme à la mode 2 ; Cet affront est-il donc nouveau ?

Non, non, l'aventure est commune.

1. A propos de M me de Graves, que l'on trouva couchée avec le comte dé Clermont à Chantilly, au mois *de juillet 1724. (M.) — « Le prince de Clermont, qui n'a que quinze ans, frère de M. le Duc, en a conté à M me de Graves qui n'a pas fait la difficile, et qui n'a pas voulu refuser un prince du sang. Le mari, qui les a pris sur le fait, s'est voulu fâcher, puis s'est pris à rire et fait un mauvais personnage. C'est la plus laide de toute la liste. » {Journal de Marais.)

2. « Quand une femme est soupçonnée de galanterie un peu forte, écrit Marais, on dit qu'elle est grave. »

Année Ï724. 15

Marquis, cours à Fontainebleau Ta femme y fera ta fortune K

L'air grave suit le mariage ; De tout époux, c'est l'apanage :

Vulcain avait l'air sérieux ; César, des hommes le plus brave, Quoique placé parmi les dieux, Fut soupçonné d'avoir l'air grave.

Par respect pour l'aimable prince Qui relève ta mine mince, Reçois cet honneur doucement, Crains-tu que cocu l'on te nomme ?

Non, l'on dira tout simplement :

Il a l'air grave, le bonhomme.

Je suis cocu !

Disait un marquis en colère.

Je suis cocu !

Je le sais fort bien, car j'ai vu Par une porte de derrière, Sortir un prince sans lumière,

Je suis cocu !

x. Au retour du voyage de Chantilly, le roi alla à Fontainebleau. (M.)

16 Clair ambault-M&urep as.

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