‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 12 sur 147 · MADAME DE LA VRILLÈRE · texte numérisé non relu

MADAME DE LA VRILLÈRE

A la fin notre jeune roi - S'est soumis à la douce loi Du dieu qu'on adore à Cythère 1 , Laire lan laire.

De dix-sept bêtes qu'il courut, Quoique toutes fussent en rut, Il n'a choisi qu'une grand-mère.

Mais quoique l'objet de son choix Ne soit pas un morceau de roi, C'était la meilleure ouvrière 2

1. L'avocat Barbier, d'ordinaire bien informé, émet une opinion toute différente. « Il ne paraît pas, dit-il, qu'on ait réussi dans le dessein du voyage de Chantilly. Le roi ne songe qu'à chasser et il ne veut point tâter du... » Et il ajoute bonnement : « J'avoue en mon particulier que c'est dommage, car il est bien fait et beau prince ; mais, si c'est son goût, qu'y faire ? Il est en place à ne se point gêner. »

2. Barbier, comme on l'a déjà vu, la trouvait femme d* expérience, et cela non sans raison , car elle avait eu

Année 1724. 17

Pour dresser un jeune courrier Et l'affermir sur Tétrier Il lui fallait une routière ;

Aussi depuis cet heureux jour Tout tremble sous elle à la cour, Tant de sa conquête elle est fière.

Battons le fer quand il est chaud , Dit-elle ,• en faisant sonner haut Le nom de sultane première.

Je veux en dépit des jaloux Qu'on fasse duc mon époux 1 , Lasse de le voir secrétaire.

Je sais bien qu'on murmurera.

Que Paris nous chansonnera; Mais, tant pis pour le sot vulgaire.

Par l'épée ou par le fourreau Devenir duc est toujours beau, Il n'importe de la manière.

longtemps pour amant le marquis de Nangis, et peut-être aussi le Régent.

I. Le marquis de la, Vrillière mourut en 1725, sans avoir obtenu ce titre de duc qu'il désirait ardemment. Sa femme, plus heureuse que lui, devint dame d'atours et duchesse par son second mariage avec le duc de Mazarin, qui la laissa veuve au bout de trois mois.

18 Clairambault-Maurepas.

Bien des maris sont convaincus D'être authentiquement cocus Et de duchés ne tâtent guère.

Laire lan laire.

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