LE TRIO COMIQUE
Un t riche juif et un dévot curé * Voulant dévaliser une coquette fine
1. La liaison du juif Dulys avec la Pélissier eut d'abord des suites comiques. Peu satisfait des infidélités de l'actrice, le juif voulut rentrer en possession des diamants qu'il lui avait donnés. « Il s'est plaint, dit Barbier, un peu avant son départ, que la Pélissier lui en avait pris qu'elle ne voulait pas lui rendre, qu'il voulait en avoir raison par les voies de la justice, et que, pour cet effet, il avait laissé une somme entre les mains du curé de Saint-Sulpice pour poursuivre cette affaire, et qu'il lui donnait ce qu'il en retirerait. » Citée devant le lieutenant de police, la Pélissier présenta un écrit par lequel le juif s'était engagé à ne rien réclamer de ce qu'il lui avait donné, et Dulys fut débouté de sa demande.
2. Lan guet de Gergy, curé de Saint-Sulpice, et frère de l'archevêque de Sens. Ce prélat, que Barbier appelle « un bohème adroit et qui n'épargne aucun tour de souplesse pour pouvoir venir à bout de faire achever les bâtiments de son . église % s'était chargé, comme on le voit, d'une mission assez scabreuse.
Année i*]3o. 23
(Les noms ne font rien au marché Puisque aisément on les devine), Chacun de ces acteurs paraît fort occupé
A remplir son rôle comique ;
Le juif y joue l'amant dupé, La donzelle y défend la récolte lubrique ;
Le curé, comme un bon pasteur,
Destinant tout à son saint édifice,
Entreprend de venger l'acteur
Par la dépouille de l'actrice.
Ah ! le plaisant événement !
Qu'il sera digne de mémoire !
Si le curé remporte la victoire, Il gagne d'un seul coup le prix de plus de cent.
^A^^WWWW
Qu'un cafard ait tiré d'une vieille lubrique 1 Par mal engin, jusqu'au dernier écu; Que, par maint tour de pareille rubrique, Loup dévorant, sous manteau de vertu, Il tende un piège à tout sexagénaire ; Que, fondateur d'un nouveau séminaire 9 ,
1. M me de Cavoye, amie intime du curé de Saint-Sulpice, auquel elle avait fourni de l'argent pour ses constructions. Les légataires de M me de Cavoye se plaignirent de ses prodigalités dans un mémoire où il était dit « qu'elle est conseillée par un directeur qui fait des bâtiments et qui a besoin de grues ».