VAILLANCE DE FLEURY
Au roi qui, l'autre jour, disait au cardinal : Si l'on vient à tirer l'épée, Qui prendrai-je pour général ?
Ce ministre s'offrit pour commander l'armée*
Année ij3i. 249
Sire, dit-il, la France a vu des cardinaux 1 Par vos prédécesseurs choisis pour généraux ; Ne puis-je pas comme eux acquérir de la gloire,
Immortaliser ma mémoire,
Exposer mes jours pour mon roi,
Par quelque signalé service, Mériter les bontés qu'il daigne avoir pour moi ? Dans le métier de Mars je ne suis point novice,
J'ai déjà des commencements Capables de donner l'alarme aux Allemands.
A la tête des molinistes, Je fais depuis longtemps la guerre aux jansénistes,
Et sans quartier et sans pitié
J'en ai déconfît la moitié ;
J'ai fait des prisonniers sans nombre ;
Le reste craint jusqu'à mon ombre.
Ces jours passés, par un détachement
Commandé par un lieutenant*
Dont on connaît la noble audace,
1. Richelieu, Sourdis et La Valette. (M.). — Le cardinal de Richelieu avait commandé l'armée d'Italie, en 1625, et dirigé le siège de La Rochelle contre les protestants, en 1628, avec le titre de grand maître et surintendant général de la navigation. Henri d'Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux, chef du conseil du roi en l'armée navale, battit à Gattari les Espagnols (1638), qu'il avait chassés des îles Sainte-Marguerite. Louis Nogaret d'Épernon, cardinal de La Valette et archevêque de Toulouse sans avoir reçu les ordres sacrés, s'était démis de ses fonctions ecclésiastiques pour commander successivement les armées d'Allemagne, d'Alsace, de Picardie et d'Italie. (1634-