‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 3)Chapitre 58 sur 147 · LE GENIE DE DES FORTS · texte numérisé non relu

LE GENIE DE DES FORTS

Du grand Des Forts Admirons le rare génie ;

Du grand Des Forts Bénissons les heureux efforts.

Nous allons voif notre agonie, Céder à l'adresse infinie

Du grand Des Forts.

Après six mois De méditation profonde,

Après six mois, Retranchons, dit-il, deux de trois *,

I. « M. Le Pelletier Des Forts a fait un beau présent aux sujets du roi pour son arrivée dans le ministère. Il a retranché les rentes viagères, sous prétexte que la plupart avaient été constituées eh papier, et même qui proviennent des anciennes rentes; on a fait différentes classes. Ce coup a fait beaucoup crier, parce que, dans le dérangement du système, c'a été la ressource de presque tous les pères de famille qui ont distribué des fonds sur la tète de leurs enfants pour avoir du moins un revenu pour subsister. » {Journal de Barbitr.)

108 Clairambault-Maurepas.

Il me faut ma dépense ronde, -

Dût périr de faim tout le monde,

Après six mois.

On t'attend là.

Écolier en fait de finance,

On t'attend la.

En moins de temps on chassera L'inventeur de l'extravagance D'une recette sans dépense ;

On t'attend là.

Des Forts, de son mérite épris, Va, disant d'un ton d'arrogance :

Sous mes prédécesseurs on n'entendait que cris, Que murmures, que remontrance.

Ces gens-là n'étaient pas au fait de la finance, Mais grâce au ciel, sous moi, la France Ne souffre plus et ne dit mot. —

Étonné d'un orgueil si cruel et si sot,

Quelqu'un lui dit : Sais-tu pourquoi ce grand silence Je vais tè l'apprendre, maudit bardot,

Bourreau 1 d'un peuple doux autant qu'il est fidèle, Voici le fait, écoute bien :

I. L'auteur veut sans doute faire allusion au Brevet de bourreau du régiment de la Calotte, qui fut octroyé à Des Forts, aussitôt après l'édit des rentes.

Année IJ2J* 109

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Quand on le tond, le mouton bêle ; Quand on l'écorche, il ne dit rien.

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