DE MADAME DE PRIE
Du noir Styx j'ai passé Tonde, Il n'est plus d'espoir de retour, Mon exil est dans l'autre monde, Je ne reverrai plus le jour.
En esclave de la fortune, Malgré sa lenteur importune,
I. Prosopopée sur la mort de la marquise de Prie. (M.) Le 7 octobre 1727, elle s'empoisonna à Courbépine, près Bernay, où elle était exilée. Il faut croire aussi, comme le dit spirituellement l'abbé.Legendre, «qu'elle creva de dépit et de rage de se voir dame à poulets d'Inde, après avoir régné trois ans. »
132 Clairambavlt-Màurepas.
Je la forçai de m'obéir.
Hélas I que j'étais malheureuse
D'être à ses yeux officieuse,
'Sous le vain espoir d'en jouir !
Que Ton est fortuné lorsque l'on s'en délivre!
Qui n'a pas le temps de bien vivre Trouve mal aisément celui de bien mourir.
J'étais dans cette erreur mortelle,
Quand la faveur me parut belle.
Jamais un temps si court ne fit un sort si beau* Jamais fortune aussi ne fut si tôt détruite.
Ah ! que la distance est petite Du faîte des grandeurs à l'horreur du tombeau 1 .
I. Les quatre derniers vers ont été empruntés à une épitaphe de M lle de Fontanges.