LE PERIL DES PRINCES
Un meunier, à ce que Ton publie, A deux princes chéris vient de sauver la vie ; Tous les deux allaient se noyer En passant la Marne à la nage.
Le bonhomme qui, du rivage, Les vit dans un pressant danger, Dans le fleuve soudain court se précipiter, Et les tire de l'eau contre toute espérance.
C'est aimer son prochain, on ne peut le nier ; Et si la charité, qu'on ne peut trop priser, S'apprend dans le moulin, je pense
1. Sur le péril où s'exposèrent le prince de Dombes et le comte d'Eu, en voulant passer la Marne en courant un cerf. Le meunier a eu quatre cents liv. de pension et ses garçons chacun dix louis d'or. (M.)
2. Ce fut le maître et les deux garçons meuniers qui se jetèrent à l'eau. (M.)
170 Clairambault-Maurepas.
Qu'il est plus d'un évêque en France Qui devrait se faire meunier..