Le duc de Mortemart, gendre du duc de Beauvilliers
Année 1717. 289
Les bâtards y viendront, Et je ne prétends pas Leur céder la chemise.
Il vit le bœuf et l'âne, Les prit pour ducs et pairs, Dit : Pour eux, Dieu me damne, Tous les huis sont ouverts.
Tout doit dépendre ici de mon pouvoir suprême; Mineur est le poupon.
Si Joseph ne veut pas, Je l'interdis lui-même.
D'un air de saltimbanque, Noailles s'avança, Les plaintes sur la banque , A Jésus adressa.
Lui dit : C'est à moi seul de régir la finance. Law est un grand fripon , Qui, bien mieux que Judas, Mérite la potence.
Le grand ministre arrive 1 :
En rusé podestat, Je veux que chacun vive Heureux dans son état.
Je vous offre un tes ton, c'est très grosse finance;
I. C'est encore du duc de Noailles qu'il est question ; il y a donc ici un passage interpolé.
290 Clairambault-Maurepas.
Papa, mère, poupon,
Vivez bien de cela;
On vit de rien en France.
Quiconque me pratique, Me trouve universel.
Je passe en politique Le grand Machiavel 1 .
On doit attendre tout de mon savoir extrême.
Quand je prends le timon, Je gouverne un État Par un nouveau système.
Mais lorsqu'il vit l'offrande Des mages d'Orient, Il dit : Elle est trop grande Pour un petit enfant.
Tout l'encens m'appartient, car il faut qu'on m'admire. L'or est mon lot mignon, Et quand l'enfant mourra, Je lui garde la myrrhe.
J'amène un homme rare, C'est mons Boulainvillier, Qui dignement répare La perte de Boyer *.
Si l'on doit employer, pour abréger ta vie,
1. Nicolas Machiavel, célèbre écrivain .politique italien, dont le livre du Prince a obtenu une légitime célébrité.