I. Le cardinal de Polignac
2o6 Clairambault-Maurepas.
En arrêta le cours.
Vous n'êtes qu'un vieux fou, dit Jésus en colère. Qu'on chasse ce cochon, Il dégobillera Dans le sein de ma mère.
A cet enfant aimable, Le bon Montesquiou A dit d'un air affable :
Je veux boire avec vous.
Je vous régalerai sans qu'il en coûte guère. Jai des provisions Faites pour les États, Qui sont encore entières;
Un discours oratoire Bourbon avait appris 1 , D'un défaut de mémoire Il fut alors surpris.
Et, ne pouvant trouver ce qu'il avait à dire, Il tira son brouillon, Mais à tous il montra Qu'il ne savait pas lire.
Bref, il lui dit en face :
Tu descends de Tamar; Je sais que dans ta race On voit plus d'un bâtard :
i. Le duc de Bourbon.
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Tu ne peux exercer la puissance royale Sans attaquer de front, Comme dit Fortiâ,
La loi fondamentale.
Apercevant Bouzole 1 , Joseph lâcha ces mots :
Voilà, sans hyperbole, L'image du chaos, Débrouille, si tu peux, cette masse grossière; Cette opération, Plus d'honneur te fera, • Que ne fit la première.
La Scarron au Messie s Fit cet acte de foi :
Seigneur, toute magie Va tomber devant toi, Excepte un talisman, par qui, vieille guenipe, Je plus au grand Bourbon, De moi Noailles Ta Pour asservir Philippe.
X. Le marquis de Bouzols, gentilhomme d'Auvergne, avait épousé la fille aînée de Croissy qui était fort laide.
2. M me de Maintenon vivait fort retirée à Saint-Cyr, et tout à fait oubliée depuis la mort de Louis XIV ) c'est la première fois que les chansonniers parlent d'elle. 11 est probable que ce fut la visite dont le czar l'avait tout récemment honorée qui ramena un instant l'attention publique vers elle.
2p8 Clairambault-Maurepas.
Le chancelier au gîte Vit la mère et le fils :
Sortez, dit-il, bien vite De ce vilain taudis.
Du fameux publicain ma dévote prudence A gagné la maison.
Je crois qu'elle sera A votre bienséance.
De Noailles à sa suite Traînait le chancelier, Enflé de son mérite, Plus grave qu'un chapier.
Regardez, dit-il, sa mine fière et rogue; Pour moi, c'est un mouton Pour qui m'attaquera; Il mordra comme un dogue.
A la crèche arrivée, La charmante Conti, Parut fort étonnée D'y voir La Fare aussi.
L'enfant, qui connaît tout, dit : Gardez-vous, Marie, De servir ce mignon ; Le bossu le saura, Il vous fera la vie 1 .
i. « C'est une chose affreuse, écrit Madame, ce que la pauvre princesse, de Conti a eu à souffrir de son mari ; il était, quoique sans aucun motif, jaloux comme le diable. Elle ne savait jamais avec certitude où elle devait passer la
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Arrivant de la chasse, Bourbon vint en ces lieux; Je ne suis point les traces, Dit-il, de mes aïeux; Ils n'étaient occupés que de pures vétilles, Forçaient des bastions, Conquéraient des États, Moi j'entretiens des filles.
Condé, maintes batailles Gagnait au champ de Mars, Renversait des murailles Et forçait des remparts.
Bourbon, son petit-fils, mérite un grand éloge; Ce digne rejeton, En trois jours emporta Bravement une loge.
Présentant leur offrande, Les bâtards très soumis, Dirent : Tu nous commandes D'aimer nos ennemis.
nuit ; quand elle s'était figuré qu'elle resterait à Versailles et qu'elle s'était arrangée en conséquence, il la menait à Paris ou à Chantilly; elle était continuellement tourmentée comme une âmè en peine. » Et Saint-Simon ajoute : * Elle lui disait devant le monde qu'il n'avait que faire de vouloir tant montrer son autorité sur elle, parce qu'il était bon qu'il sût qu'il ne pouvait pas faire un prince du sang sans elle, au lieu qu'elle en pouvait faire sans lui.»
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Qui suit mieux que nous deux cette sainte ordonnance? On nous fait mille affronts, Nous souffrons tout cela ; A toi seul la vengeance
La petite du Maine Entendant leurs discours, S'emporte, se déchaîne/ Arrache ses atours, Et dit : Je ne veux point suivre cet Évangile ; La France révoltons, Et faisons dans l'État Une guerre civile *.
Quand la Samaritaine Aperçut le Sauveur, Qui pénétra sans peine Le secret de son cœur, Elle sentit alors un repentir extrême ; Son hôtesse, Bourbon, Pécheresse arriva, Et retourna de même.
Le bon Joseph s'écrie, En voyant la Torcy :
Seigneur, rends donc la vie
I. C'est en effet la duchesse du Maine qui imagina et organisa la conspiration de Cellamare, destinée à renverser le Régent.
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A ce cadavre-ci !
Il sent déjà mauvais; si ta main le répare, Sa résurrection Un sûr garant sera Pour ton ami Lazare.
En secouant la tête Arrive Villeroy, Qui dit que l'on s'arrête, Cest de la part du roi.
Il fait mil compliments, qu'assez mal il prononce, Puis mille questions ; Mais il ne donnait pas Le temps de la réponse.
— J'arrive avec grand'peine, Messieurs, je suis à bout, Dit Villars hors d'haleine ; Mais puis-je être partout ?
J'étais embarrassé d'ordonnances guerrières, Et Guiche, ce poltron *, Quand je ne suis pas là, Me taille des croupières.
I. Le duc de Guiche, maréchal de France, et beau-frère du duc de Noailles, fut fait président du conseil de guerre, qui avait pour chef Villars. « Avec moins d'esprit qu'il n'est possible de l'imaginer, fort peu de sens, une parfaite ignorance, une longue et cruelle indigence et un grand usage du monde lui avait appris à se retourner. » (SAINT- SlMON.)
— Ma foi , que la Bretagne Agisse bien ou mal, Je vais à ma campagne, Dit monsieur l'amiral 1 ; Je prendrai force cerfs, les suivant à la piste. Mon occupation, A mon retour sera D'en écrire la liste.
D'un air de hardiesse Entra le duc d'Antin *, Disant : A ma souplesse Je dois tout mon destin.
Pour conserver mes jours, j'évitais les batailles, Puis je me fis larron, Et trompai çà et là, En jouant à Versailles 8 .
Je fis assez connaître Que je n'étais pas sot, Quand, pour plaire à mon maître, Je jouai le dévot ; La mode ayant changé, ferme dans mon principe,