‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècle (volume 4)Chapitre 55 sur 128 · Plus souvent dénommé la Salpêtrièré · texte numérisé non relu

Plus souvent dénommé la Salpêtrièré

2. « Voici une imitation de l'ouvrage de M. de Séligny, d'un genre et peut-être d'un mérite différent. Elle est de M. Thierry, ci-devant commis de M. de Montargis. » {Nouveau Mercure galant, juin 1716.)

Année 1717. 151

Une plus noble ambition, A peine hors de l'enfance excita mon courage ,

La guerre fut ma passion; De mourir pour mon roi je briguai l'avantage. Depuis cinq ans par choix je faisais ce métier,

Lorsque les malheurs de mon père Me firent devqpir apprenti maltôtier.

Que n'ai-je été plutôt écrasé du tonnerre !

Dans cet indigne état j'ai rampé terre à terre. Sais- tu pourquoi, Damon ? C'est que la probité Chez les financiers se traite de chimère ; Qu'aux qualités du cœur, à l'esprit on préfère

L'insatiable avidité,

La fourberie et la bassesse Aux sentiments d'honneur, au goût, à la justesse

Et que, pour parvenir enfin,

J'avais pris le mauvais chemin.

Fais-moi donc, cher ami, raison dé ton caprice,

Il intéresse mon repos.

Quoi ! tu veux que mal à propos,

J'aille à là Chambre de justice , Lui rendre compte. Ai-je gagné du bien ?

De six ans de travail il ne me reste rien.

Dis-moi donc de quoi tu m'accuses?

Il est vrai, j'ai chéri les Muses , J'ai lu Virgile, Ovide, Horace, Martial , Perse, Catulle, Plaute, Homère, Juvénal ; Dans leurs savants écrits j'ai tâché de m'instruire, Sans avoir envers eux commis de péculat ; Combien d'honnêtes gens n'en pourraient pas tant dire,

152 Clairambault-Maurepas.

Quoique malgré leurs vols, leur style soit fort plat !

Peut-être blâmes-tu l'audace Qui m'a fait célébrer notre auguste Régent?

Pouvais-je en user autrement ?

Un tel crime d'ailleurs porte avec lui sa grâce. Du zèle et du devoir ma Muse a prjs la loi :

Non, Tédit n'est pas fait pqur moil

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